Les prix du pétrole poursuivaient sur leur lancée haussière lundi en cours d'échanges européens, après avoir nettement rebondi vendredi sur fond de nouveaux espoirs de voir les pays producteurs s'entendre sur des réductions de production.

Publié le 15 févr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 11h30 GMT (6h30 à Montréal), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 33,72 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 36 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mars prenait 56 cents à 30,00 dollars.

Les cours du Brent et du WTI, qui sont restés orientés à la baisse la majeure partie de la semaine dernière, s'échangeant à proximité de leurs plus bas niveaux en près de 13 ans, ont soudainement rebondi vendredi, bénéficiant de nouvelles rumeurs sur une baisse de production dans l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

«Le WTI a connu un remarquable rebond de 12% au cours de la séance de vendredi alors que les possibilités renouvelées d'une réduction de production ont incité les investisseurs à réduire leurs paris sur une baisse des cours», relevait Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

«Malgré la faiblesse des données sur les importations chinoises, les prix du pétrole défendent largement leurs gains alors que la nouvelle semaine d'échanges débute», remarquaient de leur côté les analystes de Commerzbank.

Selon les chiffres officiels des Douanes chinoises publiés lundi, les importations de pétrole brut du premier consommateur d'énergie au monde ont en effet fortement baissé en janvier à 26,7 millions de tonnes en janvier, contre 33,2 millions de tonnes en décembre, et se sont repliées de 4,6% sur un an.

D'après les analystes de Commerzbank, les cours du pétrole, qui sont restés relativement insensibles à ces statistiques, continuaient en effet à bénéficier des propos du ministre de l'Énergie des Émirats arabes unis vendredi concernant de possibles réductions de production.

Selon des propos rapportés par le Wall Street Journal, le ministre émirati de l'Énergie, Souhaïl al Mazrouei, a déclaré que «tout le monde était prêt à coopérer» au sein de l'OPEP, laissant ainsi croire à une réduction concertée de l'offre au sein du cartel.

«Le fait que le marché ait réagi aussi fortement indique certainement que ces commentaires sont pris au sérieux», poursuivaient les analystes de Commerzbank, soulignant que les Émirats arabes unis étaient l'un des plus proches alliés de l'Arabie saoudite, poids lourd du cartel.

Le marché espère de longue date que l'OPEP se montre moins inflexible, alors que l'organisation a encore plombé fin 2015 les cours en s'abstenant de se fixer des objectifs de production, et ainsi accablé un marché déjà déprimé par le niveau élevé de l'offre, que ce soit au sein du cartel, aux États-Unis ou en Russie.

Ainsi, estimaient les analystes de Commerzbank, les cours du brut pourraient bien avoir atteint un plancher autour de respectivement 30 dollars le baril pour le Brent, et 26 dollars le baril pour le WTI.

Les cours ont par ailleurs bénéficié d'une nouvelle forte baisse hebdomadaire vendredi du nombre de puits de pétrole en activité aux États-Unis, qui, à 439 unités, sont à leur plus bas depuis 2010.

«Le nombre de puits de pétrole a chuté de 59 au cours des deux dernières semaines et de plus de 1000 depuis le début de 2015, donc les données hebdomadaires sur la production (américaine) publiées par le département américain de l'Énergie (mercredi) devraient bientôt montrer un déclin plus prononcé», relevait-on chez Commerzbank.

M. Otunuga se montrait toutefois moins optimiste, estimant que les récents gains des cours «allaient clairement à l'encontre des fondamentaux (de l'offre et de la demande) qui consistent en une offre excédentaire excessive et une demande qui diminue», ce qui devrait permettre aux investisseurs pariant sur la baisse des prix d'envoyer ceux-ci vers les 25 dollars le baril.