Les cours du pétrole ont fini la journée de mercredi sans direction, sous-pression devant l'augmentation des stocks aux États-Unis en dépit des inquiétudes suscitées par les opérations militaires en Syrie.

Mis à jour le 30 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en novembre a cédé 14 cents à 45,09 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), poursuivant son évolution en dents de scie.

À Londres en revanche le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a fini à 48,37 dollars, en hausse de 14 cents, sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

Le marché américain a hésité une bonne partie de la séance, semblant ne pas trop savoir comment réagir aux chiffres du ministère de l'Énergie (DoE): lors de la semaine achevée le 25 septembre, les réserves commerciales de brut ont progressé de 4 millions de barils pour atteindre 457,9 millions de barils, alors que les experts interrogés par l'agence Bloomberg s'attendaient à ce qu'elles restent stables.

Mais les marchés s'étaient, semble-t-il, préparés à une hausse plus importante, car la fédération professionnelle American Petroleum Institute (API) avait tablé mardi soir sur un gonflement de 4,6 millions de barils, et dans un premier temps les cours se sont un peu redressés.

Par ailleurs la production est repartie en baisse, tout comme les stocks de Cushing (Oklahoma, sud) qui servent de référence au WTI.

Au total, «la hausse surprise des stocks de pétrole brut (aux États-Unis) n'a pas constitué un réel élément perturbateur», notait Christopher Dembik, analyste chez Saxo Bank.

En revanche, le lancement de premières frappes de l'aviation russe en Syrie, trois jours après des bombardements français, a inquiété, et apporté un peu de soutien aux cours.

«Il semble qu'avec l'accélération de ce qui se passe en Syrie, avec la Russie qui s'implique maintenant, cela génère une prime de risque et une inquiétude sur ce que réserve l'avenir», a déclaré John Kilduff, chez Again Capital.

«Même si le pétrole n'est pas directement concerné les tensions vont monter», a-t-il estimé.

Le marché du pétrole est traditionnellement très sensible à l'activité du Moyen-Orient, et d'autant plus maintenant que l'Irak, voisin de la Syrie, augmente sa production.

Mais les chiffres du DoE recelaient d'autres éléments négatifs, comme le ralentissement de la cadence des raffineries, a noté M. Kilduff.

Enfin l'ouragan Joaquin, actuellement proche des Bahamas et qui devrait remonter en parallèle de la côte est des États-Unis dans les jours à venir, est également suivi de près.

«Cela pèse sur le brut, car on s'inquiète que des raffineries de la côte est puissent devoir fermer pendant quelques jours», a expliqué M. Kilduff.

Globalement les cours du pétrole continuent de s'échanger dans une fourchette étroite depuis début septembre, ce qui, selon Christopher Dembik de Saxo Bank, tend à compliquer la tâche des intervenants de marché.

«Tout le monde a conscience que les prix peuvent aller plus bas, en particulier à cause du retour de la production iranienne (une fois que seront levées les sanctions contre le pays, NDLR) et de la dégradation économique chinoise, mais il n'y a pas beaucoup d'opportunités d'opérations pour le moment», expliquait-il.