Les cours du pétrole ont nettement baissé mercredi à New York après des chiffres hebdomadaires contrastés sur l'offre américaine, dont le marché a retenu un rebond de la production, jugé de mauvais augure face à une surabondance mondiale persistante.

Publié le 23 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en novembre, dont c'était le premier jour de cotation, a perdu 1,88 dollar à 44,48 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Comme souvent les mercredis, la principale actualité du marché pétrolier a été fournie par le Département de l'Énergie des États-Unis (DoE), qui a publié ses chiffres hebdomadaires sur l'état des réserves américaines.

Le marché a initialement bien réagi à l'annonce d'une baisse de près de deux millions de barils des réserves de pétrole brut, mais s'est finalement orienté dans le rouge en deuxième partie de séance.

«Il arrive parfois que les chiffres semblent favorables de prime abord, comme ici la baisse des réserves de brut», a expliqué Bob Yawger, notant aussi un déclin des stocks dans le terminal de Cushing (Oklahoma), qui sert de référence aux cours du WTI. «Donc, à première vue, on s'attend à ce que les cours montent, ce qu'ils ont d'abord fait.»

«Toutefois, en allant un peu plus dans le détail, on se rend compte qu'il y a des chiffres négatifs», a-t-il continué. «Ce qui est sûrement le plus important, c'est que la production américaine a monté pour la première fois depuis plusieurs semaines.»

Même si la hausse de la production américaine est restée minime la semaine dernière, avec 19 000 barils par jour en plus, elle a donc contribué à faire rechuter un marché sur lequel les inquiétudes sur la surabondance mondiale, que ce soit aux États-Unis, dans l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ou en Russie, ont largement contribué à faire plonger les prix de plus de moitié depuis la mi-2014.

Le rapport du DoE n'a donc pas suffi à relancer un marché qui hésite beaucoup depuis le début du mois. Les cours enregistrent de fortes fluctuations d'un jour à l'autre, mais continuent à tourner autour de 45 dollars le baril.

«Pour le moment, l'environnement mondial n'a rien d'évident», ont remarqué les experts de Commerzbank, avant même les chiffres américains, mettant en avant «un indice PMI décevant en Chine», sur l'activité manufacturière, qui «alimente les inquiétudes sur la demande chez le deuxième plus gros consommateur mondial» de pétrole.