Les cours du pétrole ont fini en repli jeudi à New York, le marché prenant des bénéfices sans pouvoir se réjouir du maintien à un niveau presque nul des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine, dont l'analyse de l'économie a inquiété.

Publié le 17 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en octobre a perdu 25 cents à 46,90 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), après avoir hésité juste après l'annonce de la Fed sur les taux.

«Le maintien des taux bas devrait soutenir le marché du brut», a souligné Matt Smith chez ClipperData, et d'ailleurs les cours se sont brièvement inscrits dans le vert après l'annonce de la Fed.

En effet toute revalorisation des taux aurait rendu le dollar plus rémunérateur et l'aurait renforcé, ce qui aurait pénalisé les acheteurs de brut munis d'autres devises, puisque les échanges sont libellés en billets verts.

En outre des taux bas sont perçus comme «une mesure de relance de l'économie qui se poursuit», favorable à la demande, a noté M. Smith.

Mais en fin de compte, le marché s'est laissé influencer par «la rhétorique et le message de la Fed (...) qui a souligné son inquiétude pour l'économie mondiale. De toute évidence les responsables de la Fed expriment plus d'inquiétude que ce que le marché envisageait, et de ce point de vue cela contrebalance l'impact du maintien des taux», a dit M. Smith.

Même avant la décision de la Fed, les cours étaient restés en repli durant la plus grande partie de la séance, certains investisseurs prenant des bénéfices après le bond de presque 6% enregistré mercredi suite à l'annonce d'une baisse surprise des stocks de brut aux États-Unis.

Enfin, a noté Matt Smith, le marché s'est inquiété de la chute des exportations japonaises.

«Après les annonces de la semaine qui s'étaient focalisées sur l'offre, l'attention s'est reportée sur les conditions économiques en Asie», dont le ralentissement représente une inquiétude pour la demande mondiale, a-t-il noté.

En volume, les exportations japonaises se sont repliées de 4,2% sur un an, leur plus forte chute depuis juin 2013.

Le recul est particulièrement marqué en direction de la Chine (-4,6% en valeur, -9,2% en volume), où l'économie s'essouffle, suscitant des inquiétudes dans l'Archipel nippon qui a exporté l'an dernier plus de 18% de ses marchandises vers le marché chinois, second consommateur mondial d'or noir.