Hydro-Québec s'est défaite des deux véhicules blindés achetés en 2010 pour protéger la centrale nucléaire de Gentilly-2, a appris La Presse, à la suite d'une demande d'accès à l'information. Mais presque trois ans après la fermeture de la centrale, la société d'État refuse de donner plus d'information en évoquant la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires.

Mis à jour le 9 sept. 2015
Louis-Samuel Perron LA PRESSE

Le prix obtenu pour la vente de ces blindés quasi neufs et l'identité de l'acheteur demeurent ainsi inconnus. Hydro-Québec se borne à dire qu'elle a «disposé de ces véhicules blindés et n'en est donc plus propriétaire». Selon nos informations, il s'agirait de véhicules de l'entreprise américaine Oshkosh Defense, un important fournisseur de l'armée américaine qui construit également des blindés légers pour les forces policières. Le modèle de base vaut plusieurs centaines de milliers de dollars et est capable de résister à des rafales de coups de feu de gros calibre.

Pas servi longtemps

Les deux véhicules acquis en 2010 pour remplacer le vieux blindé désuet de Gentilly-2 étaient très attendus par les employés responsables de la sécurité, mais n'ont pas servi bien longtemps, selon une source. «C'était un produit novateur et bien plus sécuritaire. C'était un des meilleurs véhicules pour protéger les agents qui étaient sur la première ligne. S'il se passait quelque chose, ils pouvaient protéger les installations.»

Dans la foulée des attaques du 11 septembre 2001, la Commission canadienne de sécurité nucléaire (CCSN) a renforcé les mesures de sécurité des installations nucléaires du pays. Depuis 2006, elles doivent notamment pouvoir compter sur une capacité d'intervention armée immédiate.

Hydro-Québec n'avait pas rappelé La Presse, hier, au moment de publier.

Ventes au rabais

Certains biens de la centrale nucléaire ont été vendus pour une bouchée de pain par Hydro-Québec dans le passé. Trente-huit roulottes acquises au coût de 2,5 millions par la société d'État ont été vendues 33 903$ à Robert Fer et Métaux «à la suite de deux appels de propositions publics et ouverts à tous», peut-on lire dans un document rendu public cet été grâce à la Loi sur l'accès à l'information. «Notons que les roulottes étaient usagées, Hydro-Québec s'étant procuré certaines d'entre elles il y a plus de 10 ans. Elles avaient été utilisées sur d'autres chantiers, notamment à la centrale de la Péribonka, avant de servir pour les besoins du projet de réfection de la centrale de Gentilly-2.»

Le coût de la fermeture de Gentilly-2, en décembre 2012, est évalué à 1,8 milliard de dollars.

- Avec la collaboration de Serge Laplante