Le pétrole new-yorkais a clôturé en hausse mercredi, aidé par un recul plus fort que prévu des stocks de brut aux États-Unis alors que la banque centrale américaine (Fed) annonçait une réduction de son soutien à l'économie.

Publié le 18 déc. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en janvier a gagné 58 cents pour s'établir à 97,80 dollars.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a terminé à 109,63 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 1,19 dollar par rapport à la clôture de mardi.

Le département américain à l'Énergie (DoE) a annoncé que les réserves de brut avaient reculé de 2,9 millions de barils la semaine dernière, alors que les experts interrogés par l'agence Dow Jones Newswires tablaient en moyenne sur une baisse de 2,7 millions de barils.

«C'est une nouvelle semaine de baisse après le recul de plus de 10 millions de barils la semaine dernière, c'est fondamentalement un point positif pour le cours du brut», remarquait Bart Melek de TD Securities.

Les réserves ont en tout diminué de plus de 16 millions de barils au cours de deux semaines précédentes, après 10 semaines de hausse d'affilée entre septembre et novembre au cours desquelles les stocks avaient gonflé de plus de 35 millions de barils.

«À cette époque de l'année, les compagnies tendent à se débarrasser de leurs réserves afin d'avoir à payer moins d'impôts locaux sur la base de nombre de barils qu'ils ont en stocks fin décembre», soulignait Robert Yawger de Mizuho Securities.

Les stocks de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage) ont, eux, diminué de 2,1 millions de barils, surprenant les analystes qui prévoyaient une hausse de 600 000 barils. Les stocks d'essence ont en revanche enregistré une hausse de 1,3 million de barils, un peu moins forte que les prévisions (+1,8 million de barils).

Jauger la réaction du marché à la décision de la Fed de laisser ses taux directeurs inchangés mais de réduire légèrement le montant de ses achats mensuels d'actifs sur les marchés financiers «est plus délicat», estimait Bart Melek.

Cette dernière mesure a en effet entre autres conséquences de diluer la valeur du dollar et d'inciter les investissements dans les actifs risqués, ce qui soutient le baril de brut. Un ralentissement de ce programme pourrait donc apparaître comme négatif pour le prix du baril américain.

Le cours du brut a d'ailleurs nettement reculé juste après la publication du communiqué de la Fed. Mais principalement pour des raisons techniques «dans le sillage de la hausse du marché obligataire et de la chute du dollar», selon Bart Melek.

Ils se sont par la suite repris car cette décision reflète aussi «une amélioration de l'économie américaine», soulignait Andy Lebow de Jefferies Bache.

Plus tôt dans la journée, «une salve de données économiques (avaient apporté) un état d'esprit positif sur les marchés», relevait Matt Smith de Schneider Electric, en mettant en avant la baisse du taux de chômage au Royaume-Uni à son plus bas depuis 2009, ou le bond des mises en chantier de logements aux États-Unis en novembre à leur plus haut niveau depuis cinq ans.