Tandis qu'on peut appréhender un ralentissement des investissements massifs dans le secteur des ressources naturelles, les autres secteurs industriels ont pris le relais en 2012 au Québec, révèle une étude de la firme E&B Data qui sera dévoilée vendredi (aujourd'hui).

Hugo Fontaine LA PRESSE

La valeur totale des projets d'investissements annoncés au Québec en 2012 a reculé de 38%, passant de 24,5 à 17,7 milliards de dollars, principalement parce que le superprojet de mine de fer Lac Otelnuk (13 milliards) avait gonflé le bilan de 2011.

Sans surprise, la valeur totale des investissements annoncés dans le secteur des ressources et de l'énergie est donc passée de 23,7 à 14,7 milliards. Mais dans tous les autres secteurs (hautes technologies, agroalimentaire, matériel de transport et autres secteurs manufacturiers), les annonces ont été plus importantes qu'en 2011, tant au chapitre de la valeur que de l'emploi.

«Alors qu'on aurait pu croire que l'économie québécoise était redevenue une «économie de ressources naturelles», les secteurs qui n'y sont pas reliés ont pris la relève en 2012 et ont compensé en quelque sorte la baisse relative de la valeur des nouvelles annonces dans le secteur des ressources naturelles», soutient E&B Data.

C'est particulièrement encourageant si on considère que le secteur minier vit une période plus trouble, avec des prix des métaux en baisse et un ralentissement marqué des projets d'expansion des complexes miniers.

Ce qui est positif, également, c'est que les secteurs industriels non liés aux ressources, même s'ils sont de moindre ampleur en termes monétaires, créent généralement plus d'emplois que le secteur des ressources, à «forte intensité de capital». Ainsi, ces autres secteurs n'ont représenté que 17% de la valeur des investissements annoncés en 2012, mais ils généreraient 48% des nouveaux emplois annoncés, observe E&B Data.

Bonne année pour les hautes technologies

Le secteur des hautes technologies a connu une très bonne année en 2012, avec des annonces totalisant 860 millions, presque le triple par rapport à 2011.

Il est question de 2400 nouveaux emplois potentiels. L'investissement le plus important recensé par E&B Data est le Centre de collaboration MiQro Innovation, à Bromont (218 millions et 250 emplois). Il s'agit d'un centre de développement de systèmes électroniques et électromécaniques.

Dans le secteur du matériel de transport, les annonces d'investissement ont doublé, à près de 300 millions. Notons le projet d'usine d'assemblage de la firme Aerolia (82 millions).

Enfin, le projet d'usine d'engrais à Bécancour (1,4 milliard) a propulsé le secteur agroalimentaire, dont les annonces passent de 272 millions à plus de 1,7 milliard.

E&B Data recense les annonces publiques de projets d'investissements industriels dont la valeur prévue dépasse 1 million de dollars. Ces investissements sont projetés, mais pas nécessairement confirmés ou en cours. Pour les projets annoncés dont la valeur n'est pas publiquement annoncée, E&B Data leur impute une valeur en se basant sur des projets analogues.

Investissements et emplois prévus en 2012

> Ressources naturelles et énergie: 14,7 milliards, 4954 emplois*

> Hautes technologies: 860 millions, 2367 emplois

> Agroalimentaire: 1,7 milliard, 834 emplois

> Matériel de transport: 297 millions, 864 emplois

> Autres secteurs manufacturiers: 175 millions, 447 emplois

TOTAL: 17,7 milliards, 9466 emplois

* Y compris le projet de Rio Tinto Fer et Titane à Bécancour (3,8 milliards), abandonné depuis.