Les prix du pétrole se repliaient mardi en cours d'échanges européens, à l'unisson des Bourses, sur un marché miné par la crainte d'une impasse politique en Italie à l'issue d'élections législatives, et de plus prudent avant une reprise des négociations dans le dossier du nucléaire iranien.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 11h30 GMT (6h30 à Montréal), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 113,24$ sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,20$ par rapport à la clôture de lundi, après être descendu à 113,26 dollars, au plus bas depuis un mois.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance, cédait 68 cents à 92,43$. Il a glissé dans les échanges asiatiques à 91,92 dollars, un niveau plus vu depuis début janvier.

Après avoir tenté un timide rebond vendredi et lundi après une nette chute en milieu de semaine dernière, «les cours du brut sont à nouveau en baisse mardi, à l'unisson d'un repli des marchés boursiers, car l'incertitude sur les élections italiennes effrite l'appétit des investisseurs pour les actifs jugés risqués» telles les actions et les matières premières, soulignait Myrto Sokou, analyste du courtier Sucden.

À l'issue d'élections législatives dimanche et lundi, la coalition de la gauche italienne menée par Pier Luigi Bersani a obtenu une majorité de sièges à la Chambre des députés, mais, au Sénat, la droite disposerait de plus de sièges, et aucune majorité claire ne se dégage, même en cas d'alliance entre la gauche et le centre emmené par le chef du gouvernement sortant Mario Monti.

«L'Italie apporte un regain d'incertitude sur les perspectives politiques et économiques au sein de la zone euro, alimentant une volatilité accrue des échanges sur le marché», car un blocage politique en Italie pourrait remettre en cause la poursuite des réformes économiques entreprise par le pays sous l'impulsion de M. Monti, observait Mme Sokou.

Par ailleurs, les opérateurs faisaient preuve de prudence alors qu'avaient repris mardi, après plus de huit mois d'interruption, des négociations entre l'Iran et les pays du groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) sur le programme nucléaire de Téhéran, soupçonné par les Occidentaux d'avoir des visées militaires.

Le groupe 5+1 devrait proposer «une baisse de certaines sanctions sur le commerce de l'or, celles concernant l'industrie pétrochimique et certaines sanctions bancaires» en échange de concession de la part de Téhéran, selon une une source du groupe 5+1.

«Même s'il est peu probable que la reprise mardi des pourparlers aboutisse sur des avancées importantes», étant donné les divergences persistantes entre l'Iran et les grandes puissances, «tout signal positif montrant un rapprochement lors de la rencontre» pèserait sur les cours du pétrole en diminuant quelque peu les craintes d'une escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, estimaient les experts du cabinet JBC Energy.