Investisseurs, si vous cherchez de l'action en 2013, éloignez-vous des métaux de base. Si le spectre des baisses prononcées encaissées l'an dernier semble peu susceptible de se reproduire cette année, le potentiel de hausses de prix est aussi très limité.

Philippe Mercure LA PRESSE

Résultat: à moins d'une autre surprise qui viendrait infléchir le cours de l'économie mondiale, les prix du cuivre, du zinc, de l'aluminium et des autres métaux de base risquent de flotter autour de leurs niveaux actuels pour encore plusieurs mois.

« Il n'y a pas vraiment de tendance claire pour le reste de l'année », dit Mathieu D'Anjou, économiste principal chez Desjardins, qui explique que la faible croissance mondiale rend la demande trop faible pour soutenir des hausses significatives.

M. D'Anjou et ses collègues prévoient que l'indice appelé London Metal Exchange, qui regroupe l'ensemble des métaux de base, terminera l'année autour de 3600 points, alors qu'il se situe actuellement à environ 3500 points. Bref, le gain anticipé est de moins de 3%.

« Les matières premières demeurent très sensibles à tout ce qui concerne l'économie mondiale, avertit cependant M. D'Anjou. Si le sentiment redevient négatif et qu'on commence à revoir à la baisse les prévisions de croissance mondiale, il y a une possibilité que les prix des métaux réagissent avec une baisse assez significative. »

Au contraire, une amélioration de l'économie mondiale pourrait conduire à une embellie des prix en fin d'année, dit l'économiste.

La moyenne des prix de la plupart des métaux de base a fortement diminué l'an dernier. Les baisses ont atteint 16% pour l'aluminium, 10% pour le cuivre, 23% pour le nickel, 11% pour le zinc et 28% pour l'acier. Ces prix sont cependant des moyennes annuelles. Dans la plupart des cas, les creux ont été atteints pendant l'été, puis les prix ont remonté ensuite.

Le cas de l'acier est surveillé de près puisque la production de fer est importante dans la province. Dans son analyse, Desjardins parle de « certains signes d'une accélération de la demande » et d'une remontée du prix du fer qui pourraient entrainer le prix de l'acier « quelque peu à la hausse ».

Desjardins note que la production mondiale de zinc surpassera largement la demande cette année, ce qui devrait freiner la tendance haussière observée récemment. Même chose pour le rebond récent du cuivre, dont la tendance « pourrait se renverser rapidement ». Les perspectives d'appréciation de l'aluminium sont jugées « faibles », et les stocks de nickel qui s'accumulent « limitent le potentiel d'appréciation supplémentaire pour ce métal », selon Desjardins.