L'embauche, par le président américain Barack Obama, d'un ancien lobbyiste chargé de faire la promotion du controversé projet d'oléoduc Keystone XL de TransCanada a suscité l'ire des écologistes envers l'administration.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Ces écologistes déplorent une relation qu'ils jugent beaucoup trop amicale avec l'entreprise de Calgary.

Les documents de déclaration d'intérêts des lobbyistes américains démontrent que Broderick Johnson, engagé pour travailler à la campagne de réélection de M. Obama pour 2012, faisait partie d'une équipe qui a effectué des activités de lobbying auprès du Congrès américain, la Maison-Blanche et le département d'État au nom de TransCanada.

Bryan Cave, la firme de lobbying bien en vue de Washington, D.C., où M. Johnson a travaillé jusqu'en avril, a déclaré des bénéfices d'environ 1 million $ pour des activités de lobbying pour TransCanada entre 2009 et 2011, selon le Center for Responsive Politics.

Bien que M. Johnson ne travaillera pas pour la Maison-Blanche, mais plutôt comme conseiller de campagne principal pour M. Obama, les écologistes ont malgré tout décrié la nouvelle.

«Ça pue», a déclaré par voie de communiqué Bill McKibben, un écologiste qui a lancé la majorité des manifestations publiques aux États-Unis contre l'oléoduc via le site TarSandsAction.org.

«Je ne crois pas qu'il serait possible de concevoir une méthode plus élaborée pour manquer de respect non seulement à la communauté environnementale, mais également à Occupons Wall Street, puisque cela vient simplement rappeler que les lobbyistes corporatifs dominent notre politique. Oubliez »Espoir« et »Changement«, on dirait qu'ils veulent que leur nouveau slogan soit »Les affaires vont comme d'habitude«.»

Même si l'homme a donné son appui à la réélection du président démocrate, son récent passé de lobbyiste a échaudé davantage les milieux environnementaux condamnant déjà les liens étroits entre un autre lobbyiste de TransCanada, Paul Elliott, et la secrétaire d'État Hillary Clinton.

Le département d'État doit rendre, d'ici la fin de l'année, sa décision finale concernant le projet d'oléoduc évalué à 7 milliards $, puisque celui-ci traversera la frontière canado-américaine pour transporter le pétrole brut des sables bitumineux albertains en direction des raffineries situées sur la côte texane du golfe du Mexique.

Les écologistes affirment que les dés sont pipés, en partie puisque M. Elliott a travaillé pour la campagne présidentielle malheureuse de Mme Clinton en 2008.

Ils se réfèrent spécifiquement à des courriels récemment publiés par le département d'État, suite à une demande d'accès à l'information, qui font croire à une relation amicale entre M. Elliott et certains responsables départementaux. Lors d'un échange particulièrement amical, un employé du département d'État travaillant à l'ambassade américaine à Ottawa félicite M. Elliott pour sa tentative de faire approuver le projet d'oléoduc.

M. McKibben et d'autres écologistes prévoient organiser une manifestation contre l'oléoduc devant la Maison-Blanche le 6 novembre. Des centaines de personnes ont été arrêtées à l'extérieur du 1600, Pennsylvania Avenue cet été, dans le cadre d'une série de sit-ins alors que l'opposition au projet Keystone XL a galvanisé le mouvement environnemental américain.