Les prix du maïs et du blé ont poursuivi leur hausse cette semaine à Chicago, à l'inverse du soja, toujours en repli, dans un marché agricole attentiste avant un week-end crucial pour la zone euro.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Cette semaine se résume simplement: tout le monde est resté en mode attente avant le sommet de l'UE dimanche», a résumé Rich Nelson, de la maison de courtage Allendale.

Le marché des céréales est en proie «à des inquiétudes grandissantes à propos de la crise de la dette en zone euro qui mine la confiance des investisseurs», ont abondé les économistes de Barclays Capital.

Cela a engendré des «faibles volumes» de vente et des échanges dans «des prix très modérés pour le maïs et le blé», a expliqué M. Nelson.

Le sommet de l'UE prévu dimanche à Bruxelles a exacerbé la nervosité des bourses mondiales, qui étaient convaincues en début de semaine qu'une solution décisive serait apportée vite, avant d'émettre de profonds doutes.

Paris et Berlin ont toutefois calmé les marchés en indiquant jeudi soir que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel s'entretiendraient samedi à Bruxelles pour préparer une «réponse globale et ambitieuse» à la crise de la zone euro.

Les éléments préparés par le couple franco-allemand seront adoptés lors d'un second sommet de l'UE, après celui de dimanche, au plus tard mercredi, a indiqué l'Elysée.

En attendant, le maïs a profité des spéculations entourant un éventuel achat de la Chine qui a déjà importé des États-Unis 900 000 tonnes de cette céréale lors de la semaine achevée le 13 octobre.

De manière générale, «les exportations ont été bonnes, neutres par rapport aux attentes», a noté Rich Nelson.

Selon lui, les courtiers sont convaincus que les ventes vont dépasser les prévisions du département américain de l'Agriculture (USDA), un jugement partagé par Barclay's.

Le rapport hebdomadaire de l'USDA a fait état d'un recul des ventes américaines de blé et de graines de soja mais d'une hausse de celle de maïs au cours de la semaine achevée au 13 octobre, par rapport à la semaine précédente.

Les ventes de blé ont reculé à 399 400 tonnes contre 500 600 tonnes sept jours auparavant et celles de graines de soja à 594 700 tonnes (dont 331.000 tonnes à la Chine) contre 672 400 tonnes.

En revanche, les ventes de maïs ont progressé à 1,84 Mt.

Les États-Unis sont les premiers producteurs mondiaux de soja et de maïs et les premiers exportateurs de blé.

Le soja a enregistré un recul continu cette semaine, car les courtiers ont effectué des prises des bénéfices «par crainte de baisse (des cours) avec le sommet de l'UE: ils ont acheté du maïs et vendu du soja», a résumé M. Nelson, d'Allendale.

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en décembre se négociait vendredi à la mi-journée à 6,6175 dollars dollars contre 6,4000 $ à la clôture une semaine plus tôt sur le Chicago Board of Trade. Cela constitue une progression hebdomadaire de 3,40%.

Le boisseau de blé à échéance décembre évoluait à 6,44 $ contre 6,2275 $ une semaine auparavant, se renchérissant de 3,41% sur la semaine.

Le contrat de soja pour livraison en novembre est descendu à 12,3575 $ contre 12,7000 $, soit un recul de 2,70%.