Les prix du pétrole ont fini lundi sur un léger recul à New York, signe de la prudence observée par les investisseurs, dont les espoirs de règlement proche de la crise en zone euro ont été déçus.

Publié le 17 oct. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le baril de «light sweet crude» pour livraison en novembre a lâché 42 cents par rapport à la clôture de vendredi, à 86,38 $ sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

«Ca a été une séance plutôt calme», a résumé Matt Smith, de Summit Energy (groupe Schneider Electric).

«Tout a été dicté par la faiblesse observée dans la zone euro après les commentaires faits en Allemagne», a expliqué l'analyste.

Le sommet de l'UE dimanche à Bruxelles va permettre d'avancer «de façon sensible» mais pas de résoudre d'un coup la crise de la dette en Europe, a en effet prévenu lundi le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert.

«La chancelière Angela Merkel a prévenu que les rêves de voir la crise terminée dès lundi ne pourraient pas se réaliser», a déclaré M. Seibert, lors d'un point de presse, tout en ajoutant «espérer avancer de façon sensible».

Après avoir ouvert réconfortées par l'assurance, donnée par la présidence française du G20, que les Européens apporteraient une réponse «décisive» à la crise, à l'occasion de leur sommet du 23 octobre, les Bourses européennes ont terminé en repli. Wall Street observait une même tendance en début d'après-midi.

«On voit de la faiblesse de retour dans les Bourses, il y a aussi des inquiétudes pour les banques, et on a eu un indicateur mauvais sur la production manufacturière», a poursuivi M. Smith en référence à l'indice Empire State.

Cet indice publié lundi par la banque centrale américaine (Fed) est venu rappeler que l'économie de la première puissance de la planète était toujours chancelante. L'activité manufacturière de la région de New York a ainsi reculé en octobre pour le cinquième mois d'affilée.

Après la forte hausse de la semaine dernière, les analystes avaient averti que des prises de bénéfices seraient à prévoir.

Les «fondamentaux (données conjoncturelles) ne supportent pas une hausse des cours», ont notamment noté les économistes de Commerzbank.

«La demande de pétrole aux États-Unis et dans d'autres pays de l'OCDE continue de chuter et la croissance de la demande en Chine connaît également un affaiblissement», a remarqué Commerzbank, pour qui «une chute substantielle des cours» n'est pas exclue «si le sommet européen devait décevoir».

«Le marché est exagérément en hausse», avait prévenu avant l'ouverture Rich Ilczyszyn, analyste chez MF Global.