Talentueux, engagés, audacieux : La Presse Affaires présente le portrait de jeunes entrepreneurs, gestionnaires et professionnels, qui forment la relève de demain.

Publié le 26 févr. 2016
Martin Beauséjour LA PRESSE

À 26 ans, Stephanie Liverani est à la tête de Crew, une plateforme qui met en lien des entrepreneurs et des créateurs pour la réalisation de projets web ou d'applications mobiles.

Cofondatrice de Crew avec son mari Mikael Cho et deux autres collègues, Stephanie Liverani occupe également le poste de chef des opérations. Elle veille au bon fonctionnement de l'entreprise qui, grâce à un investissement de 500 000 $ du programme d'accélération FounderFuel, a lancé ses activités en 2012 sous le nom de ooomf. Un an plus tard, les quatre fondateurs ont amassé 2,1 millions supplémentaires et ont changé le nom pour Crew. Signe que la plateforme a fait ses preuves, une troisième vague d'investissements a injecté 1,5 million US dans l'entreprise il y a moins d'un an.

Mais qu'est-ce qui fait le succès de Crew ? « La qualité est importante pour nous, autant du côté de notre service que des artisans que nous proposons, souligne Stephanie Liverani. Nos clients sont pris en charge par un concierge, qui les accompagne tout au long du processus. On analyse les besoins du client, on lui fournit une estimation des coûts de son projet et on lui présente des candidats. Ensuite, on s'occupe de la rédaction des contrats et des paiements. C'est un véritable service clés en main. »

Et la qualité des créateurs proposés est tout aussi élevée. « Par exemple, si vous faites une demande en tant que développeur mobile ou concepteur, vous devez avoir travaillé sur au moins trois applications qui ont récolté quatre étoiles ou plus dans l'App Store », précise Stephanie Liverani.

Quels sont vos défis comme chef des opérations chez Crew ?

Je dois porter plusieurs chapeaux, et chaque journée est différente. Je dois contrôler la qualité et gérer l'équipe. Nous sommes passés de 7 à 24 employés en un an. Je dois également m'occuper des investisseurs et établir les prévisions budgétaires et de rendement. Je m'occupe également d'engager le nouveau personnel et de m'assurer que les candidats rencontrent les trois autres cofondateurs. Et, bien sûr, tout ça en réglant les problèmes quotidiens qui surviennent quand on a une entreprise. Nos journées sont bien remplies !

Quel a été le plus grand échec duquel vous avez appris ?

Il y a beaucoup de gens qui calculent le rendement d'une start-up au nombre d'employés qu'elle a. Il fut un temps où l'on sentait une certaine pression à engager énormément de gens, parce que l'on voyait d'autres start-ups faire des vagues d'embauches massives. Mais on a appris avec le temps que ce n'était pas la bonne chose à faire. On engageait des employés rapidement, sans bien les choisir. Maintenant, on prend le temps. On grandit tranquillement, mais sûrement. Nous avons resserré nos critères d'embauche et nous misons sur une plus petite équipe, mais qui est très qualifiée.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

C'est une question très difficile. J'ai trois valeurs fondamentales qui sont importantes pour moi et qui motivent toutes les décisions que je prends. Ces trois valeurs sont : la famille, la santé et notre entreprise. Et ça sera la même chose dans 10 ans. Côté travail, je ne me vois pas travailler pour quelqu'un d'autre. Si Crew se porte très bien, j'aurai peut-être envie de démarrer autre chose. Chose certaine, ce sera avec la même équipe que celle de Crew. Je ne peux pas m'imaginer travailler avec d'autres personnes que cette équipe. Nous sommes un peu comme une famille.

Nommez-moi une personne qui vous inspire.

J'ai beaucoup d'admiration pour tous les gens qui aiment leur métier et qui font un travail de qualité. Puis, il y a aussi mon mari, Mikael Cho, que j'admire beaucoup. Nous partageons les mêmes valeurs, comme la qualité du travail bien fait et le respect. Le respect des gens, mais aussi des artisans du web. Certains trouvent qu'il est parfois difficile de mêler la vie personnelle et le travail. Mais honnêtement, je ne me vois pas faire tout ça sans Mikael.