À seulement 28 et 24 ans, Arnaud Spuhler et Samuel Mehenni sont déjà deux figures bien connues dans le milieu des technologies. Les deux jeunes hommes ont créé l'application mobile prkng, qui vise à simplifier le stationnement des voitures en milieu urbain.

Mis à jour le 22 févr. 2016
Martin Beausejour LA PRESSE

Quand Arnaud Spuhler a quitté sa Suisse natale pour Montréal, la signalisation pour le stationnement lui a rapidement donné le tournis. « Je n'arrivais pas à déchiffrer tous les panneaux que l'on retrouve dans les rues. Et j'ai vite compris que je n'étais pas seul et qu'une grande majorité de Montréalais n'y comprenait rien non plus. »

Alors colocataires, Arnaud Spuhler et Samuel Mehenni ont décidé de s'attaquer à ce problème. Les deux jeunes hommes se sont mis en tête de créer une application qui faciliterait les déplacements urbains tout en évitant les contraventions liées au stationnement.

Lancée en juillet dernier, leur application mobile prkng localise la voiture, analyse la date et l'heure, puis indique tous les emplacements où il est permis de se garer. Quand l'échéance approche, une alerte est envoyée afin de prévenir l'utilisateur qu'il doit déplacer son automobile. L'application permet également de réserver ou de payer une place dans un stationnement ou un garage privé.

Le Club Tesla Québec a même invité les deux entrepreneurs à tester une version-pilote de leur solution, qui sera intégrée dans l'ordinateur de bord des voitures Tesla de ses membres au Québec. « Cette version indiquera également l'emplacement des bornes de recharge dans la province », précise M. Spuhler.

Pour l'instant, les villes de Montréal, Québec, New York et Seattle sont prises en charge par prkng. Les deux jeunes hommes travaillent actuellement à ajouter Boston et Chicago à cette liste.

Arnaud Spuhler répond à nos questions.

Quels sont vos défis comme cofondateurs d'une application ?

Nos journées sont très chargées et, évidemment, ça ne se passe pas toujours comme prévu. Il faut savoir gérer plusieurs dossiers à la fois, régler les problèmes et les imprévus, tout en poursuivant l'atteinte de nos objectifs. Même si, à la base, il était clair pour nous deux que je serais plus actif du côté du design et que Samuel s'occuperait de tout ce qui touche les stratégies, nous nous attendions tout de même à devoir porter plusieurs chapeaux. Il faut également mettre en place des partenariats et trouver des investisseurs. Une nouvelle ronde de financement doit également être complétée d'ici la fin du mois. Et il faut aussi s'occuper de notre équipe. Cinq personnes travaillent pour nous à temps plein.

Quel a été le plus grand échec duquel vous avez appris ?

Au début de l'aventure, je pense que nous avons peut-être passé trop de temps sur des points ou des stratégies qui n'étaient pas les meilleures options pour nous. Et nous avons perdu un temps précieux. Tout ça a vraiment ralenti le démarrage de notre entreprise. Mais peut-être fallait-il passer par là pour arriver où nous en sommes aujourd'hui.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

Samuel et moi désirons offrir des solutions qui aident la communauté à résoudre des problèmes qui la touchent. Tant que notre mission de faciliter le stationnement en milieu urbain ne sera pas accomplie, nous allons poursuivre notre travail. Peut-être que dans 10 ans, nous aurons réussi. Nous serons peut-être sur un autre projet, toujours dans le but de régler une problématique. D'ailleurs, nous avons déjà quelques idées en tête pour le futur...

Nommez-moi une personne qui vous inspire.

Simon Vallée est un homme que l'on admire énormément, et son parcours est impressionnant. C'est un entrepreneur québécois qui vit maintenant à San Francisco. Simon Vallée a fondé plusieurs start-up dont Space, qui a été rachetée par Slack Technologies en 2014. Son histoire et son profil nous inspirent, car il a, selon nous, réussi à accomplir ce qu'il avait en tête sans trop se laisser distraire.