Que fait un boutefeu? À quoi ressemble le quotidien d'un animalier ou d'un détective privé? Pour le savoir, La Presse les a rencontrés pour vous. Regard sur des métiers inusités, rares ou méconnus.

Mis à jour le 22 oct. 2012
Emilie Laperrière, collaboration spéciale LA PRESSE

Jean-Philippe Gagnon aime les animaux. Le biologiste de formation est animalier depuis 17 ans au Biodôme de Montréal. Mais pour travailler entouré de bibittes toute la journée, ça prend bien plus que de la passion.

Il est l'homme aux oiseaux du Biodôme. Il s'occupe des espèces qui peuplent la forêt tropicale. Les perroquets, les toucans et les colibris sont en quelque sorte devenus ses amis. Et il adore cela.

«Certains oiseaux sont moins remarquables pour les visiteurs que les caïmans, par exemple, mais moi, je les aime tous. Je reconnais leur son et je suis au courant de leurs petites habitudes», dit-il. Il sait notamment quel arbre a la faveur de l'aracari, et à quel moment préfèrent se nourrir les colibris.

C'est à l'université que le déclic s'est fait. «J'ai réalisé quelques projets sur les oiseaux et j'ai eu la piqûre. Je ne m'en suis jamais remis», affirme-t-il.

À chacun son régime

Le travail de l'animalier commence dès l'aurore. «Je suis là à 6h et je passe d'abord à la cuisine pour ramasser les plateaux de nourriture», explique Jean-Philippe Gagnon.

La cuisine est impressionnante. À chaque animal son régime. Si les oiseaux ont droit à des fruits, des noix et des insectes, les lynx reçoivent de leur côté du rat et de la viande de cheval. Appétissant, vraiment.

Après la tournée de plateaux, l'animalier doit aussi nettoyer le fond des étangs avant l'arrivée des visiteurs.

Lorsque des oiseaux sont transférés, ils passent une période en quarantaine. Même chose pour ceux qui sont fragiles. Ils sont alors isolés au sous-sol. L'animalier les visite chaque jour. Il faut toutefois avoir le coeur solide: comme on recrée l'environnement tropical, les coquerelles y ont aussi élu domicile. Jean-Philippe Gagnon, lui, ne les remarque même plus.

Il en profite au passage pour entraîner un couple de perroquets bleus. «Ça fait des années que je leur montre des trucs. Les progrès se font à pas de tortue, mais ils sont maintenant capables de lever la patte, de battre des ailes ou de monter sur un bâton sur demande», lance l'animalier, en récompensant ses protégés avec du beurre d'arachide.

De longues journées

Le reste du temps de l'animalier est partagé entre les visites chez le vétérinaire avec les blessés ou les malades, l'inspection de l'écosystème pour s'assurer que tout est normal et l'observation des espèces. En tout, Jean-Philippe Gagnon ne s'assoit que cinq petites minutes dans une journée!

«Je devrais passer plus de temps devant l'ordinateur, à noter mes observations dans les dossiers. Mais j'avoue que je déteste la paperasse. Je préfère être dans la forêt tropicale», admet-il.

Il peut toutefois compter sur une équipe solide, composée de 31 animaliers et aquaristes. Avec 17 ans de service, Jean-Philippe Gagnon fait malgré tout partie des moins anciens. S'ajoute au groupe une vétérinaire, deux contremaîtres, un conservateur et un chef de division.

Une vocation

Sa passion pour l'ornithologie va bien au-delà de son travail. «Quand je suis en vacances, j'organise des voyages de groupe à l'étranger pour observer les oiseaux. J'aime voir les espèces du Biodôme dans leur habitat naturel. On ne peut pas dire que je décroche beaucoup!»

Animalier de jour et ornithologue de soir: on peut dire que les oiseaux du Biodôme sont entre bonnes mains.