Près de six travailleurs canadiens sur dix ayant fait du bénévolat ont reçu un coup de pouce de la part de leur employeur, selon une étude de Statistique Canada publiée ce printemps. Horaire flexible, congés payés, dons, les mesures varient grandement.

Publié le 19 sept. 2012
Nathalie Côté, collaboration spéciale LA PRESSE

La forme d'aide au bénévolat la plus courante est la permission de modifier son horaire ou de réduire ses tâches (34%). Viennent ensuite l'utilisation des installations ou d'équipements de l'employeur (29%) ainsi qu'une reconnaissance ou une lettre de remerciement (24%). Un travailleur faisant du bénévolat sur cinq a même droit à un congé payé!

Congé payé pour le bénévolat

Ivanhoé Cambridge est l'une de ces entreprises qui encouragent le bénévolat. Le 14 septembre prochain, dans le cadre de la journée Moment donné, environ 225 des 435 employés du bureau de Montréal se sont portés volontaires pour offrir leur journée à l'un des organismes sélectionnés par l'entreprise. «Le soir, on se retrouve pour un grand barbecue où tout le monde partage son expérience, raconte Michèle Meier, vice-présidente Affaires publiques et communication. Ça contribue aux sentiments d'appartenance et de fierté!»

L'entreprise permet aussi à ses employés de prendre un jour de congé payé afin de faire du bénévolat dans un organisme de leur choix. «On a tous une vie de fou, c'est difficile de donner du temps, témoigne Mme Meier. Dans mon cas, j'utilise mon congé pour être bénévole lors des compétitions au club sportif de mes enfants.»

Avantageux pour tous

Plus rarement, les employés disent recevoir des dons en argent, des prix, des objets promotionnels ou de la nourriture pour «leur organisme» (1 à 2%). C'est la voie qu'a choisie la Banque Nationale. «Dans le cadre du programme De tout coeur avec vous, nous offrons une contribution de 500$ dans l'organisme où oeuvrent nos employés. De plus, le prix André-Bérard souligne le travail d'un bénévole exceptionnel en faisant un don de 5000$ à l'organisme. Tous les employés et retraités ayant réalisé au moins 50 heures de bénévolat dans l'année sont admissibles», explique Marie-Pierre Jodoin, conseillère en relation publique. En huit ans, l'engagement de 1037 employés a permis de distribuer 600 000$.

Les deux entreprises interrogées insistent sur le fait que ce sont d'abord les valeurs de l'organisation qui ont guidé la mise en place de ces programmes. Cela dit, l'aide au bénévolat par l'employeur contribue aussi à améliorer l'image de marque de l'entreprise auprès de la communauté et de ses employés actuels et futurs. C'est à la fois un facteur d'attraction et de rétention du personnel.

Outre la satisfaction de s'engager dans une cause qui leur tient à coeur, les travailleurs estiment également que leur bénévolat est bénéfique à leur carrière. Et ceux qui reçoivent l'appui de leur employeur sont plus nombreux à le penser. Ainsi, 51% d'entre eux disent avoir développé des compétences en organisation et en gestion contre 35% pour ceux qui n'avaient aucun type d'appui.

Par ailleurs, le bénévolat est aussi perçu comme une manière d'améliorer ses perspectives d'emploi, particulièrement chez les jeunes. En effet, c'est l'un des motifs évoqués par 54% des travailleurs de 15 à 24 ans ayant fait du bénévolat.

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QUELQUES FAITS

> Les bénévoles appuyés par leur employeur consacrent une médiane de 60 heures de bénévolat par an contre 40 heures pour ceux qui ne reçoivent pas d'appui.

> C'est en Ontario que l'on retrouve le plus grand nombre de bénévoles qui ont l'appui de leur employeur. Le Québec se classe au 11e rang des provinces et territoires.

> Les travailleurs de l'enseignement sont les plus portés à faire du bénévolat. Ceux oeuvrant dans la fabrication et le commerce de gros sont ceux qui en font le moins.

Source : Statistique Canada