Si vous aimez rendre service, faire plaisir aux gens, sortir de la routine et vivre des rencontres humaines passionnantes, une carrière en tourisme est peut-être pour vous ! Mais attention: il faudra accepter de composer avec les fluctuations économiques, des horaires souvent atypiques et les mille et un caprices de la clientèle.

Caroline Rodgers, collaboration spéciale LA PRESSE

Les métiers en tourisme sont exigeants, demandent beaucoup d'heures de travail, et ne sont pas toujours rémunérés à leur juste valeur. Une vocation, plus qu'un métier, pour les passionnés qui s'y engagent!

«Quand la plupart des gens sont en vacances et voyagent, les employés de l'industrie touristique, eux, travaillent, dit Sylvie Lamarche, directrice aux partenariats au Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT). Cela signifie que les horaires de neuf à cinq et du lundi au vendredi ne sont pas la norme.»

Le secteur du tourisme se divise en cinq sous-secteurs: l'hébergement, le transport de passagers, la restauration, les services de voyages, ainsi que les loisirs et divertissements. Au Québec, plus de 350 000 personnes y travaillent, au sein de près de 25 000 entreprises. De ce nombre, plus de la moitié des emplois sont en restauration. Il faut aussi savoir que 29,1 % des emplois sont saisonniers (moins de 40 semaines de travail par an), contre 19 % dans les autres industries.

Par ailleurs, la grande variété des sous-secteurs et des emplois possibles permet d'avoir un cheminement de carrière qui évolue en fonction de ses intérêts, souligne Sylvie Lamarche. «Il est possible d'entrer au sein d'une grande entreprise et de gravir les échelons de manière conventionnelle, mais on peut aussi varier les expériences de travail en changeant de secteur.»

Pénurie de travailleurs

Bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent se lancer dans l'aventure du tourisme: une grave pénurie de main-d'oeuvre guette le secteur. Selon une étude menée conjointement par le CQRHT et le Conference Board du Canada, d'ici 2025, elle pourrait être de 50 500 emplois à l'année laissés vacants. Cette pénurie se fera plus particulièrement sentir dans le sous-secteur de la restauration.

Pour tenter de remédier à la situation, l'industrie mise sur de nouveaux bassins de main-d'oeuvre, par exemple les retraités qui souhaitent sortir de la maison.

«Le tourisme peut offrir une deuxième carrière intéressante à des retraités ou des préretraités qui souhaitent travailler en contact avec le public», dit Isabelle Girard, directrice du CQRHT.

L'industrie touristique au Québec

10,7 milliards de chiffre d'affaires

2,7 % du PIB québécois

352 285 emplois

24 793 entreprises

9 % des emplois au Québec Revenu moyen dans l'industrie touristique: 21 488 $

Revenu moyen dans les autres industries: 35 427 $

52,2 % des emplois à temps plein et permanents

Source: Diagnostic sectoriel de la main d'oeuvre en tourisme, CQRHT, 2010

Répartition des emplois par sous-secteurs

6,6 % des emplois en services de voyages

14,9 % des emplois en loisirs et divertissements

13,6 % des emplois en transports de passagers

53,9 % des emplois en restauration

11 % des emplois en hébergement

Source: Diagnostic sectoriel de la main d'oeuvre en tourisme, CQRHT, 2010