Entre le cégep et l'université, la marche est élevée sur le plan académique. Mais plusieurs étudiants le découvrent seulement au milieu du semestre, quand il est minuit moins une et qu'ils se retrouvent ensevelis sous une montagne de travaux à remettre et d'examens à préparer. Conseils d'experts pour éviter la catastrophe.

Caroline Rodgers, collaboration spéciale LA PRESSE

«Au début de l'année, la plupart des étudiants ne sont pas encore stressés. Ils sont plutôt dans l'effervescence de la rentrée et traversent une phase d'idéalisation en se disant que ça va aller super bien. C'est seulement après quelques semaines, une fois qu'ils découvrent les exigences des professeurs, qu'ils réalisent tout à coup l'ampleur de la charge de travail», dit Dania Ramirez, psychologue et coordonnatrice du service de soutien à l'apprentissage du Centre étudiant de soutien à la réussite de l'Université de Montréal (CESAR).

«L'autonomie que l'on exige de l'étudiant universitaire est plus grande qu'au cégep, ajoute-t-elle. Il devient un adulte, avec tout ce que cela comporte comme responsabilités. Le piège le plus fréquent est de ne pas commencer à travailler en même temps. Ce qui est trompeur, pour les étudiants, c'est qu'à partir de seulement 12 ou 15 heures de cours, ils sont considérés comme à temps plein. Au début cela ne semble pas beaucoup, car ils ne réalisent pas que chaque heure de cours devrait équivaloir à un minimum de trois heures de travail personnel par semaine.»

Comment concilier ces exigences avec les activités parascolaires, le travail à temps partiel, la vie sociale et familiale, sans se casser la figure?

«Au début de chaque semestre, je propose aux étudiants de concevoir un planificateur sur quatre mois, dit France Landry, conseillère au service de la vie étudiante de l'UQAM. On prend un grand calendrier qui permet de voir d'un seul coup d'oeil nos quatre mois et d'y inscrire tous les examens et les travaux à remettre pour se rendre compte des périodes plus occupées. Avec cette vue globale, on peut mieux planifier notre semestre et nos week-ends.»

Il faut viser l'équilibre, soutient Dania Ramirez. «Beaucoup font l'erreur de concevoir une sorte d'horaire «idéal» qui ne leur correspond pas dans les faits, dit-elle. Il faut se connaître et personnaliser son horaire et son style d'étude. Certains travaillent mieux le soir, d'autres sont plus efficaces le matin. Il faut se respecter.»

Avoir ses outils de travail en main dès la première semaine, ou même avant, est important. «Certains étudiants n'ont même pas de bureau pour travailler, et achètent leurs livres à la troisième semaine de cours, dit-elle. Ça commence mal.»

Étudier pendant huit heures d'affilée la veille d'un examen n'est pas la meilleure façon d'obtenir de bons résultats.

«On encourage les étudiants à avoir de courtes périodes d'étude, mais plus fréquentes, dit Marie-Hélène Simard, psychologue au Centre d'aide aux étudiants de l'Université Laval. Il est prouvé que si l'on étudie pendant plusieurs heures de suite, la concentration et l'efficacité n'y sont pas. Les gens apprennent tout par coeur et ne ciblent pas le plus important. Mieux vaut favoriser de courtes périodes, voire seulement d'une heure, avec des objectifs précis. On établit clairement ce que l'on a à faire, on met une minuterie et on fait une pause de cinq minutes au milieu.»

Par ailleurs, on conseille aux étudiants de ne pas dépasser 10 heures de travail intellectuel par jour, en incluant les cours, pour éviter d'arriver épuisés aux examens. «Pour réussir, le truc n'est pas de travailler nécessairement plus, mais de travailler mieux, de manière plus stratégique, ajoute Mme Simard. Une bonne concentration est primordiale, c'est pourquoi nous recommandons d'avoir régulièrement des périodes de 24 heures sans travail intellectuel pour décrocher et reposer son cerveau.»

On doit également se méfier des distractions. «Autrefois c'était la télévision et les longues conversations téléphoniques, aujourd'hui, c'est plutôt l'internet qui exerce une fascination sur les étudiants, de même que les messages textes, dit-elle. Mettre à jour sa page Facebook, consulter ses courriels à maintes reprises pendant que l'on rédige un travail, tout cela gruge énormément de temps. Il faut éviter ces interruptions constantes.»

Pour en savoir plus sur la bonne gestion du temps et l'étude efficace, les étudiants ont tout avantage à participer aux ateliers d'aide à la réussite qu'offrent les services d'aide de chaque université.