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Un franchisé poursuit le Groupe Jean Coutu

En mars dernier, les parties se sont échangé... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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En mars dernier, les parties se sont échangé des lettres en vue de régler leur différend, en vain.

Photo David Boily, Archives La Presse

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Le pharmacien Luigi Villaggi, franchisé Jean Coutu de Laval, poursuit le Groupe Jean Coutu (PJC) pour que celui-ci cesse d'inciter les clients de sa pharmacie à aller acheter sur le site internet de Jean Coutu.

La requête a été déposée à la Cour supérieure le 1er juin.

Dans sa poursuite, M. Villaggi reproche à PJC de recueillir des données personnelles des clients qui viennent dans son commerce, puis d'utiliser ces données pour le concurrencer à travers le commerce en ligne.

Il reproche à PJC d'utiliser leurs coordonnées obtenues par l'entremise du programme Air Miles pour leur proposer des offres personnalisées d'achats en ligne.

Aucune des prétentions du demandeur n'a été prouvée en cour. Notre appel chez Jean Coutu n'a pas eu de suite.

Selon le poursuivant, PJC a envoyé à des clients, à l'occasion du Cyberlundi en novembre dernier, une carte-cadeau de 15 $ valable uniquement pour des achats en ligne. La publicité utilisait le nom de Luigi Villaggi.

« La Défenderesse vient solliciter personnellement les clients des demandeurs pour leur faire une concurrence directe. La Défenderesse utilise nommément le nom de Luigi Villaggi, laissant faussement croire aux clients qu'ils font affaire avec lui, alors qu'elle lui livre plutôt une concurrence directe », lit-on dans la requête.

À une autre occasion, PJC a envoyé aux clients de M. Villaggi une promotion pour des cosmétiques Clarins, que PJC refuse par ailleurs d'offrir à M. Villaggi en raison d'un volume de ventes de cosmétiques de prestige trop faible.

« Si les gens s'en vont chez M. Villaggi avec ce coupon, explique son procureur Me Denis Godbout, ils se font dire : "Désolé, on ne vend pas du Clarins." »

Le Groupe Jean Coutu a aussi offert à quelques reprises des rabais pour l'impression de produits de photos exclusivement pour les commandes en ligne, faisant ainsi perdre de l'achalandage à la pharmacie de M. Villaggi.

Le pharmacien lavallois reproche aussi à PJC de tirer un profit de plus de 22 000 $ par an sur le loyer de la pharmacie, sans aucune contrepartie. Le bâtiment abritant la pharmacie appartient à un tiers qui loue à PJC qui sous-loue ensuite à M. Villaggi. Jean Coutu paie au propriétaire un loyer meilleur marché que ce que PJC facture à M. Villaggi.

M. Villaggi ignorait le prix payé par PJC au locateur avant qu'il ne l'apprenne de façon fortuite en février et mars 2017.

En mars dernier, les parties se sont échangé des lettres en vue de régler leur différend, en vain.

UNE INJONCTION PERMANENTE DEMANDÉE

PJC soutient avoir fait profiter à M. Villaggi de crédits sur toutes les ventes en ligne faites par ses clients. M. Villaggi rétorque qu'il n'a aucun moyen de connaître le montant des ventes. Il souhaiterait que le groupe le dédommage en lui remettant la marge de profit brute sur ces ventes.

« PJC donne un crédit de redevances, mais un tel crédit ne constitue pas une grosse somme. C'est un petit pourcentage sur les ventes. Mon client, lui, perd la marge bénéficiaire sur les produits vendus en ligne à ses clients qui ont été sollicités par PJC », précise Me Denis Godbout.

M. Villaggi demande au tribunal une injonction permanente contre le Groupe Jean Coutu pour qu'il cesse de solliciter ses clients, ainsi qu'une condamnation à payer la marge de profit brute sur les ventes en ligne et à rembourser la somme de 150 000 $ sur le loyer payé en trop. - Avec Vincent Larouche, La Presse




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