Rona (t.ron) a poursuivi sur sa lancée au deuxième trimestre, mais le quincailler commence à ressentir les effets du ralentissement économique en Alberta, qui s'ajoutent à la morosité qui continue de planer sur le Québec.

Mis à jour le 11 août 2015
Julien Arsenault LA PRESSE CANADIENNE

En conférence téléphonique avec les analystes, mercredi, son président et chef de la direction, Robert Sawyer, a dit s'attendre à des turbulences dans l'Ouest, provoquées par l'effondrement des prix du brut.

«Actuellement, au troisième trimestre, nous sentons un vent de face (en Alberta), a-t-il expliqué. Dans le futur, les ventes comparables devraient être moins positives par rapport à ce qui a été constaté auparavant.»

Puisque l'économie québécoise tarde à reprendre du poil de la bête, M. Sawyer a ajouté que le crédit d'impôt LogiRénov instauré par le gouvernement Couillard  - expiré depuis le 30 juin - n'a pas eu l'effet escompté.

«Ça été ni positif ni négatif, a expliqué le grand patron de Rona. Depuis quelques années, c'est silencieux au Québec.»

Au deuxième trimestre, la société établie à Boucherville a continué de voir ses profits et revenus progresser, et ce, malgré un recul des mises en chantier à l'échelle nationale et une économie stagnante.

Pour la période terminée le 28 juin, Rona a vu son bénéfice net bondir de 19 pour cent, à 49,9 millions $, ou 46 cents par action, alors que ses recettes consolidées se sont établies à 1,26 milliard $, en hausse de 5,9 pour cent.

Cette performance trimestrielle a répondu aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un bénéfice par action de 45 cents ainsi qu'un chiffre d'affaires de 1,25 milliard $.

«Nous demeurons prudents parce que des défis pointent à l'horizon pour le marché de l'habitation et que les dépenses des consommateurs s'annoncent modestes», a prévenu le dirigeant de Rona.

Dans le secteur de la vente au détail, les ventes ont avancé de 6,78 pour cent, principalement grâce à la stratégie de marchandisage de l'entreprise ainsi qu'au repositionnement de sa bannière Réno-Dépôt au Québec.

Les ventes comparables - un indicateur clé dans le secteur de la vente au détail - ont grimpé de 5,4 pour cent, dépassant largement les attentes des analystes. À l'exception du quatrième trimestre de 2014, il s'agit de la hausse la plus marquée depuis le premier trimestre de l'exercice 2010.

Au cours du trimestre, les mises en chantier se sont contractées de huit pour cent. Dans l'Ouest, les mises en chantier ont reculé de 17 pour cent, alors qu'elles ont fléchi de 15,1 pour cent au Québec et 29,5 pour cent dans l'Atlantique. Une progression de 9,6 pour cent a toutefois été constatée en Ontario.

Pour sa part, le bénéfice d'exploitation s'est chiffré à 97,1 millions $, ce qui représente la meilleure performance de Rona à ce chapitre depuis le troisième trimestre de 2011.

Par ailleurs, les consommateurs qui vont magasiner chez Rona pourraient bientôt devoir débourser davantage pour les mêmes articles, puisque le quincailler doit composer avec un huard qui ne cesse de perdre de la valeur par rapport au billet vert.

«À notre bureau de Shanghai, le taux de change fait grimper nos coûts, a concédé M. Sawyer. Cela va probablement influencer nos prix de vente.»

Rona a par ailleurs annoncé une augmentation de 14,3 pour cent de son dividende, ajoutant qu'il verserait un dividende trimestriel de quatre cents par action le 25 septembre.

Auparavant, l'entreprise payait un dividende annuel de 14 cents par action distribué deux fois par année, mais elle fera désormais un versement sur une base trimestrielle.

Rona - qui compte plus de 24 000 employés - exploite un réseau de magasins corporatifs, franchisés et de marchands affiliés indépendants à travers le Canada. Le Québec représente toutefois son marché le plus important.

À la Bourse de Toronto, le titre du quincailler a clôturé à 15,09 $, en progression de neuf cents, ou 0,6 pour cent.