Walmart (WMT) n'aura pas le droit de vendre de l'alcool dans ses deux «supercentres» de Laval et Mascouche. La Régie des alcools, des courses et des jeux a rejeté une demande de la multinationale qui désirait obtenir des permis d'épicerie pour des dépanneurs qu'elle comptait ouvrir dans des locaux intégrés à ses magasins.

Hugo Fontaine LA PRESSE

Même si elle vend des produits alimentaires dans ses établissements, Walmart ne dispose pas d'un permis d'épicerie, parce que les aliments ne représentent pas 51% de son offre globale de produits. Sans ce permis, elle ne peut pas vendre de l'alcool, à la différence d'un IGA, d'un Metro ou d'un Costco.

Le détaillant souhaitait néanmoins faire son entrée dans le marché des boissons alcooliques par le biais de dépanneurs qui auraient été situés dans ses établissements de type «supercentre» de Mascouche et Laval, avec une entrée commune, mais des locaux distincts des autres départements.

C'est une filiale exclusive de Walmart une société à numéro de Nouvelle-Écosse qui allait officiellement exploiter ces établissements appelés «La Réserve», d'abord présentés sous le nom «Broue Blanc Rouge». C'est cette même filiale qui a demandé un permis d'épicerie à la Régie des alcools.

Un détaillant IGA Extra et Sobeys Québec, de même que Metro-Richelieu, se sont opposés à cette demande, en indiquant que Walmart ne remplissait pas les critères réglementaires pour l'obtention d'un permis d'épicerie.

Selon l'information fournie avec les demandes de permis déposées au printemps 2011, ces dépanneurs devaient être gérés de manière totalement distincte du grand magasin Walmart.

Dans la décision de la Régie, qui s'attarde spécifiquement au cas de Mascouche, on souligne toutefois que dans le projet d'affaires, «c'est la maison mère Walmart Canada qui a la direction effective de l'exploitation du dépanneur. C'est Walmart qui fait les achats de produits y compris le paiement des boissons alcooliques; qui finance; qui négocie; qui entrepose; qui meuble et qui fournit le bassin de main-d'oeuvre.»

Une «démarche ingénieuse»

Dans la décision rendue la semaine dernière, la Régie s'interroge sur les véritables motifs pour l'ouverture de dépanneurs chez Walmart. Le détaillant a dit vouloir «offrir aux consommateurs, désireux d'entrer et sortir rapidement des lieux, un accès à une sélection d'aliments et de produits de dépannage de base, sans être contraint d'aller faire ses achats au magasin Walmart adjacent à 150 000 pieds carrés».

La Régie indique plutôt que «le seul intérêt d'ouvrir et d'exploiter le dépanneur «La Réserve» pour Walmart Canada suivant les modalités explicitées, c'est de mettre la main sur un permis d'épicerie délivré par la Régie qui donne accès au marché de l'approvisionnement en alcool.»

«L'intérêt public commande que nous refusions de souscrire à la démarche élaborée par la demanderesse, aussi ingénieuse soit-elle», conclut la Régie.

«Nous sommes déçus de cette décision et nous évaluons nos options, a indiqué par courriel le directeur des affaires corporatives de Walmart Canada, Alex Roberton. Il serait prématuré pour nous de commenter davantage pour le moment.»

Walmart a 30 jours pour porter la cause en appel auprès du Tribunal administratif du Québec.