La chaîne de dépanneurs Couche-Tard (T.ATD.B) n'a toujours pas installé de cage de verre dans deux dépanneurs montréalais malgré qu'elle se soit engagée à le faire au plus tard le 15 octobre en vertu d'une entente avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

André Dubuc LA PRESSE

Depuis 2007, la CSST a envoyé 55 constats d'infraction à la Loi sur la santé et la sécurité du travail à la société dirigée par Alain Bouchard, selon des documents obtenus en vertu de la loi d'accès à l'information. La majorité de ces avis sont en lien avec le risque d'agression en situation de travail isolé. Une dizaine de dépanneurs sont visés.

Le 16 juin dernier, Couche-Tard s'est entendu avec l'organisme pour mettre en place les correctifs exigés dans les établissements visés, notamment l'installation d'une barrière physique entre la caisse et les clients. La date limite avait été fixée au 15 octobre.

Une telle barrière peut prendre la forme d'une vitre blindée entourant l'ensemble de l'espace réservé au commis, créant ainsi une zone sécurisée.

Nous avons visité cinq établissements visés par l'entente entre Couche-Tard et la CSST le lundi 17 octobre en après-midi. Deux de ceux-ci, situés au 8850, rue Hochelaga et au 8950,rue Sherbrooke Est, n'avaient toujours pas de cage de verre autour des caisses enregistreuses. Aucuns travaux n'étaient visibles non plus.

La CSST demande à Couche-Tard d'installer pareil équipement depuis le 7 juin 2010 dans le cas du 8950, rue Sherbrooke Est et depuis le 1er novembre 2010 pour celui sur Hochelaga.

Des cages de verre ont toutefois été installées dans au moins trois établissements : au 7151, rue Jarry Est, au 5755, rue Sherbrooke Est et au 3985, rue Beaubien Est. À ce dernier endroit, une commis a fait remarquer que la cage était inefficace car elle est ouverte devant la caisse, une situation visible dans chacun des dépanneurs visités.

« Rien n'empêche un voleur d'enjamber le comptoir et de pointer son arme à feu sur le commis «, fait remarquer David Bergeron-Cyr, vice-président de la Fédération du commerce de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). La centrale syndicale mène une campagne de syndicalisation des dépanneurs Couche-Tard. Aucun des établissements visités n'est syndiqué.

De son côté, la CSST visitera cinq des dépanneurs visés par l'entente de juin demain et fera rapport ensuite, indique son porte-parole, Jacques Nadeau.

Couche-Tard rétorque qu'elle a donné suite aux ententes avec la CSST et qu'une rencontre de suivi avec les intervenants de la CSST est prévue dans les prochains jours.