« Non », Justin Trudeau n'a pas demandé à rencontrer Donald Trump, cette semaine à New York, quoiqu'en dise le président.

Lina Dib LA PRESSE CANADIENNE

M. Trump a raconté, au cours d'une conférence de presse mercredi, qu'il a refusé un tête-à-tête avec le premier ministre parce qu'il est insatisfait des négociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). La réunion aurait pu se tenir alors que les deux hommes étaient, mardi et mercredi, au siège des Nations unies.

« Ses tarifs sont trop élevés, et il ne semble pas vouloir céder. Alors, je lui ai dit d'oublier ça », a lancé le président, faisant référence une fois de plus au système de gestion de l'offre, qui protège les producteurs canadiens d'une entrée massive d'oeufs, de lait et de volaille en provenance des États-Unis.

En arrivant à son bureau de la colline parlementaire, jeudi matin, M. Trudeau a démenti la version de M. Trump.

« Non. On n'a pas demandé pour une réunion cette fois-ci », a-t-il répondu aux journalistes qui l'attendaient à sa porte. Le premier ministre a toutefois refusé de répondre à la question qui a suivi : le président a-t-il menti ?

La veille, Donald Trump s'en était aussi pris à la personne responsable de l'équipe canadienne de négociations.

« Nous sommes vraiment insatisfaits des négociateurs et du style de négociation du Canada. Nous n'aimons pas vraiment leur représentant[e] », avait-il dit. On suppose qu'il parlait de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

À ça, M. Trudeau a offert une réponse polie. « Les Américains trouvent que les négociations sont difficiles parce que les Canadiens sont de très bons négociateurs, comme on devrait l'être », a-t-il dit.

La ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, qui rejoignait la réunion du conseil des ministres quelques minutes plus tard, est venue à la défense de sa collègue. « Je pense que la ministre Freeland est une très bonne ministre des Affaires étrangères. Chaque journée, elle se tient debout pour défendre les intérêts des Canadiens et [...] des travailleurs », a déclaré Mme McKenna.

Une autre voix s'est portée à la défense de Chrystia Freeland, celle de l'ambassadrice des États-Unis au Canada, Kelly Craft, qui a qualifié la ministre canadienne de « brillante » et d'« éloquente ».

Selon la diplomate américaine, Mme Freeland et son interlocuteur, le représentant au Commerce, Robert Lighthizer, « ont énormément de respect l'un pour l'autre ».

« J'ai été personnellement témoin de leur relation au cours des dix derniers mois », a-t-elle précisé, ajoutant que les conflits qu'ont traversés les négociateurs, tout en gardant le cap sur l'obtention d'une entente, n'ont fait que renforcer ce respect.

« J'éprouve moi aussi énormément de respect pour la ministre Freeland, a poursuivi Kelly Craft. Elle est brillante, éloquente et elle a été une très bonne amie depuis mon arrivée à Ottawa. »

Le premier ministre Trudeau a également profité de l'occasion pour répéter son avertissement. « Un accord bon et juste est tout à fait possible. Et on ne signera pas un mauvais accord pour les Canadiens. »