Les solides performances des activités de marchés de capitaux de la plupart des grandes institutions financières du pays ont aidé à contrebalancer le ralentissement de leurs services bancaires canadiens au cours du deuxième trimestre.

Publié le 28 mai 2015
Alexandra Posadzki LA PRESSE CANADIENNE

Pendant que les consommateurs canadiens, déjà criblés de dettes, hésitaient à se présenter à leur banque pour emprunter davantage, l'activité sur les marchés de capitaux s'est emballée. Cela a permis aux banques de générer des revenus substantiels, par l'entremise de frais de conseils et de prises fermes.

L'analyste Sumit Malhotra, de la Banque Scotia, a noté que les entreprises avaient récolté 21,6 milliards $ à la Bourse de Toronto entre février et avril - soit près du double que la moyenne trimestrielle de 11,6 milliards $ pour les deux dernières années.

Dans une note à ses clients, M. Malhotra a indiqué que les activités bancaires de gros - qui comprennent les activités de banque d'investissement, les prêts aux entreprises et les activités de courtage - ont offert de meilleures performances que les segments de services bancaires canadiens de détail depuis le début de 2012.

«Même si le compromis du «gros contre le détail» n'est pas idéal, il représente un problème moindre pour les investisseurs parce que la tendance de la qualité du crédit à la consommation se maintient bien», a expliqué M. Malhotra.

Les analystes considèrent habituellement que les revenus des segments des marchés de capitaux sont plus volatils et moins durables que ceux tirés des services bancaires personnels et commerciaux.

La Banque CIBC [[|ticker sym='T.CM'|]] a presque triplé son bénéfice au deuxième trimestre, alors que ses activités de services bancaires de gros et celles de la gestion de patrimoine ont alimenté sa croissance.

La banque a ainsi affiché un bénéfice de 911 millions $, soit 2,25 $ par action, pour son trimestre clos le 30 avril, ce qui se compare à un bénéfice de 306 millions $, ou 73 cents par action, pour la même période un an plus tôt.

Les résultats du deuxième trimestre de l'an dernier avaient soufferts d'une charge de dépréciation de 543 millions $ liée à une longue récession qui avait miné sa filiale de services bancaires dans les Caraïbes.

Le bénéfice net ajusté, qui exclut les éléments non récurrents, s'est chiffré à 2,28 $ par action au plus récent trimestre, ce qui était supérieur de 5 cents aux attentes des analystes.

La Banque Royale [[|ticker sym='T.RY'|]], qui dévoilait ses résultats trimestriels elle aussi jeudi, a vu son bénéfice grimper de 14 pour cent au deuxième trimestre, à 2,5 milliards $, soit 1,68 $ par action, par rapport à celui de 2,2 milliards $, ou 1,47 $ par action, de la même période l'an dernier. Son bénéfice ajusté était de 1,63 $ par action, soit 3 cents au-dessus des prévisions des analystes.

L'analyste John Aiken, de Barclays, a estimé que les résultats de la TD pour ses activités de marchés des capitaux étaient «exceptionnels», les revenus de courtage ayant grimpé de 13 pour cent par rapport au premier trimestre, tandis que les frais de conseils ont bondi de 25 pour cent.

«Comme nous l'avons vu avec les résultats des pairs de la Royale ce trimestre, les solides résultats des marchés de capitaux ont été capables de contrebalancer les difficultés connues par les services bancaires de détail», a expliqué M. Aiken dans une note à ses clients.

Pendant ce temps, la Banque TD [[|ticker sym='T.TD'|]] a affiché jeudi un bénéfice en baisse de sept pour cent, à 1,86 milliard $, soit 97 cents par action, comparativement à un bénéfice de 1,99 milliard $, ou 1,04 $ par action, pour la même période un an plus tôt.

Mais en excluant les éléments non récurrents, notamment une charge de restructuration de 337 millions $, le bénéfice ajusté a progressé d'environ cinq pour cent à 2,2 milliards $, soit 1,14 $ par action, surpassant de 3 cents les attentes des analystes.

Mercredi, la Banque de Montréal [[|ticker sym='T.BMO'|]] a affiché un bénéfice net de 999 millions $, soit 1,49 $ par action, en baisse par rapport à celui de 1,08 milliard $, ou 1,60 $ par action, d'il y a un an.

La Banque Scotia [[|ticker sym='T.BNS'|]] doit dévoiler vendredi ses résultats pour le deuxième trimestre.