Le gouvernement fédéral a présenté, mardi, son projet de loi visant à mettre fin au monopole de la Commission canadienne du blé (CCB) sur les ventes de blé et d'orge dans l'ouest du Canada, et a rapidement fait face à des menaces de poursuites judiciaires de la part de critiques qui affirment que cette mesure va décimer les producteurs.

LA PRESSE CANADIENNE

La Loi sur le libre choix des producteurs de grains en matière de commercialisation pourrait dépouiller la CCB du monopole qu'elle exerce depuis une soixantaine d'années et permettre aux producteurs de vendre leurs grains à qui ils veulent afin d'obtenir de meilleurs prix.

En visite sur une ferme située près d'Ottawa, le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, a déclaré qu'un marché ouvert augmenterait le nombre d'acheteurs intéressés par le blé et l'orge canadiens, et que les possibilités seraient alors infinies.

Contrairement à leurs confrères du reste du pays, les fermiers de l'Ouest canadien sont forcés d'écouler leurs grains par le biais de la CCB depuis les années 1940, époque à laquelle les producteurs se sont regroupés pour négocier des prix plus élevés.

La CCB est un organisme régi par une loi fédérale, mais dirigé par un conseil d'administration dont la plupart des membres sont élus par les fermiers. Les autres dirigeants sont choisis par le gouvernement.

Il y a longtemps que les conservateurs cherchent à abolir le monopole de la CCB, mais leur situation de gouvernement minoritaire les avait jusqu'ici empêchés d'aller de l'avant.

Le sujet divise les producteurs. Certains affirment qu'ils veulent avoir le droit de vendre leurs grains au plus offrant et que la CCB pourrait continuer d'exister sans qu'il soit obligatoire de recourir à ses services.

Mais les opposants au projet de loi soutiennent que, sans le monopole, les fermiers seront en compétition les uns contre les autres pour vendre leur production aux multinationales américaines, que les prix chuteront et que les fermes familiales disparaîtront.

Ils font aussi valoir que la CCB ne pourra pas survivre dans un contexte de marché ouvert parce qu'elle ne possède pas les installations nécessaires pour recueillir et stocker les grains.

Les représentants de la CCB se réuniront au début de la semaine prochaine afin d'explorer les possibilités qui s'offrent à eux sur le plan légal puisque, conformément à la loi, le gouvernement a l'obligation de tenir un référendum ou un plébiscite avant d'effectuer tout changement important à l'organisation.