Le ministre des Finances, Jim Flaherty, annonce que le prochain budget qu'il déposera au début de 2011 contiendra une série de mesures visant à comprimer les dépenses de l'État, afin de rétablir l'équilibre budgétaire à Ottawa d'ici à 2015.

Publié le 22 nov. 2010
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Mais s'il affiche sa détermination à venir à bout de ce boulet financier qui frise encore les 45 milliards de dollars d'ici cinq ans, M. Flaherty maintient qu'il atteindra ses objectifs sans réduire les transferts aux provinces et sans augmenter les impôts ou les taxes.

 

 

Dans une entrevue accordée hier au réseau CTV dans le cadre de l'émission Question Period, le grand argentier du pays a soutenu qu'il est possible de sortir de l'ornière des déficits en restreignant surtout les dépenses du gouvernement fédéral.

«Nous n'avons pas besoin de sabrer ou de réduire les transferts aux provinces. C'est ce que les libéraux ont fait dans les années 90 et cela a fait mal aux programmes sociaux comme l'éducation et la santé dans les provinces. Je le sais. J'étais ministre dans un gouvernement provincial (Ontario) à l'époque. Nous allons maintenir les paiements de transfert intacts. (...) Mais il existe beaucoup de programmes fédéraux qui augmentent chaque année et nous pouvons restreindre leur rythme de croissance. Si nous faisons cela avec modération, nous allons revenir à l'équilibre budgétaire d'ici à 2015», a affirmé le ministre Flaherty.

Le ministre a affirmé que le déficit de cette année fondera de près de moitié en 2011-2012 lorsque le plan de relance économique de 48 milliards de dollars en deux ans prendra fin, le 31 mars prochain.

M. Flaherty s'est dit convaincu que la population canadienne s'attend à un retour à l'équilibre à moyen terme afin d'éviter que le Canada soit confronté à des crises budgétaires comme c'est le cas dans plusieurs pays européens.

«Nous ne voulons pas tomber dans un cercle vicieux de crises fiscales au Canada. (...) Dieu merci, nous ne sommes pas dans la même situation que la Grande-Bretagne, qui doit réduire ses dépenses de 25%, par exemple. Nous sommes loin d'être dans cette position difficile. Mais il faut être prudent. La reprise économique demeure fragile. Nous devons surveiller la reprise de près et prendre les mesures qui s'imposent pour rétablir l'équilibre budgétaire. C'est ce que les Canadiens attendent de nous», a-t-il dit.

M. Flaherty, qui doit prononcer aujourd'hui à Oakville un discours énonçant les grandes lignes de ses intentions en prévision du prochain budget, a donc la ferme intention de dire un «non» retentissant à tous les ministres qui le presseront d'augmenter les dépenses pour financer leurs projets.

Le ministre a aussi lancé la semaine dernière les consultations budgétaires qui se tiendront dans tout le pays. Son ministère recueille également sur l'internet les recommandations des Canadiens.

Budget déterminant

Le prochain budget du ministre des Finances, qui sera déposé à la Chambre des communes en février ou en mars, sera déterminant pour l'avenir du gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Les libéraux ont déjà fait savoir en privé qu'ils n'appuieront pas ce budget, qui fait l'objet d'un vote de confiance. Le Bloc québécois brûle d'impatience de renverser les conservateurs aux Communes, tandis que le NPD a des exigences budgétaires auxquelles le gouvernement Harper pourra difficilement donner suite.

Résultat: tous les partis politiques se préparent pour des élections au printemps. Le gouvernement conservateur minoritaire aura alors été au pouvoir pendant deux ans et demi depuis les dernières élections d'octobre 2008, alors que la durée de vie moyenne d'un gouvernement minoritaire est de 18 mois au pays.