La chaîne américaine de restauration rapide McDonald's (MCD) a annoncé lundi un bénéfice net inférieur aux prévisions de Wall Street pour son deuxième trimestre et a averti que le restant de l'année s'annonçait «difficile» en raison de ventes toujours moroses.

Mis à jour le 22 juill. 2013
Veronique DUPONT AGENCE FRANCE-PRESSE

L'action chutait de 3,06% à 97,20$ vers 10h45.

Le bénéfice net a progressé de 4% à 1,4 milliard de dollars au cours du trimestre achevé le 30 juin, soit 1,38$ par action alors que les analystes prévoyaient en moyenne 1,40$.

Le chiffre d'affaires a progressé de 2% à 7,09 milliards, conforme aux prévisions des analystes.

Ces résultats «traduisent nos efforts pour renforcer la bonne dynamique de nos activités sur le long terme», a commenté le directeur général Don Thompson.

«Nous restons focalisés stratégiquement sur nos priorités de croissance à l'international», a-t-il ajouté, tout en soulignant que «le marché de la restauration rapide continuait à faire face à des difficultés» et que «les incertitudes économiques faisaient pression sur les dépenses des consommateurs».

Aux États-Unis, les ventes à nombre de magasins comparable ont augmenté de 1%, pâtissant d'une «comparaison défavorable» avec le deuxième trimestre 2012, qui avait bénéficié d'un effort de dépenses promotionnelles.

En Europe, les recettes ont reculé de 0,1%, «des résultats négatifs en Allemagne et en France ayant été largement compensés par une bonne performance au Royaume-Uni et en Russie».

McDonald's souligne que si ses ventes ont continué à souffrir du climat économique difficile en Europe, «le bénéfice opérationnel de la région a augmenté de 5%», tirant le bénéfice opérationnel de tout le groupe sur le trimestre.

En Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, les ventes à nombre de magasins comparables se sont effritées de 0,3% à cause de mauvaises ventes en Chine, en Australie et au Japon.

Le groupe avertit par ailleurs que ses ventes de juillet à nombre de magasins comparable s'annoncent «relativement inchangées».

Il ajoute, dans un document boursier publié lundi en parallèle au communiqué de résultats, que l'environnement actuel devrait persister, «à savoir des marchés de la restauration informelle atones ou en recul, ce qui réduit la capacité du groupe à augmenter le prix de ses menus, tandis que les pressions sur les coûts restent accompagnées d'une forte concurrence», a-t-il détaillé.

«L'entreprise s'attend à ce que les résultats du groupe restent difficiles pour le restant de l'année», sans toutefois donner de prévisions chiffrées.

Il précise que le panier des 10 principales matières premières utilisées par McDonald's pour ses sandwichs, salades, frites et autres produits, devrait voir son coût augmenter de «1,5 à 2,5% aux États-Unis et de 2 à 3% en Europe».

Les taux d'intérêt devraient également augmenter d'environ 2 à 3% sur l'ensemble de l'exercice comparé à 2012.

En revanche, les dépenses administratives et commerciales du groupe devraient rester relativement inchangées sur l'ensemble de l'année à taux de change constants.

McDonald's devrait faire 3,1 milliards de dépenses d'investissement sur l'ensemble de l'année, essentiellement pour ouvrir quelque 1500 nouveaux restaurants dans le monde (environ 1200 ouvertures nettes, en tenant compte des fermetures), principalement au Japon et en Amérique latine, le solde des investissements étant consacré à la rénovation de sites existants.

Fin juin, McDonald's comptait près de 1000 restaurants de plus qu'à la même période un an plus tôt, dont un quart en Chine et l'essentiel dans les pays émergents.

«Les résultats de McDonald's manque de goût», a commenté le site d'analystes 247WallSt.Com.

«Clairement, nous sommes déçus par les ventes à nombre de magasins comparable aux États-Unis» et les «commentaires sur ces ventes en juillet soulignent la difficulté du secteur de la restauration américain» actuellement, a renchéri la banque Morgan Stanley dans une note.

«Notre vue de long terme de McDonald's reste intacte, cela dit, en raison notamment de nouveaux produits améliorés et d'un pouvoir de marketing supérieur» à celui de ses concurrents, ajoute Morgan Stanley.