Le prix moyen des propriétés au Canada pourrait diminuer de près de 25 % d’ici la fin de 2023 par rapport au sommet atteint en février dernier, anticipent les économistes du Mouvement Desjardins dans la mise à jour de leurs perspectives du marché de l’immobilier résidentiel.

Publié le 11 août
Martin Vallières
Martin Vallières La Presse

Cette prévision de baisse de prix s’avère aussi beaucoup plus prononcée que celle de 15 % que les économistes de Desjardins avaient énoncée il y a deux mois à peine, lors de la mise à jour de leurs perspectives en juin dernier.

Les économistes de Desjardins attribuent une telle détérioration de leurs perspectives du marché de l’immobilier résidentiel à deux facteurs principaux : le recul marqué de la demande chez les acheteurs potentiels et « l’augmentation des taux d’intérêt hypothécaires plus prononcée et plus rapide qu’anticipé ».

Au Québec aussi, les économistes de Desjardins s’attendent à une baisse accentuée des prix des propriétés résidentielles entre le sommet atteint en début d’année et le creux anticipé à la fin de l’an prochain.

Toutefois, même accentuée de - 12 % à - 17 %, la baisse des prix au Québec s’annonce un peu moins prononcée que dans l’ensemble du Canada.

« Au Québec, la baisse des prix a débuté un peu plus tard qu’au Canada, et le recul s’avère nettement moins prononcé. Jusqu’à maintenant, les prix moyens ont fléchi d’à peine 2 % au Québec comparativement à plus de 10 % au Canada », indiquent les économistes de Desjardins dans leur rapport d’analyse.

N’empêche, même si « la correction des prix au Québec s’est amorcée avec un léger décalage par rapport à d’autres provinces, les conditions de marché ont changé aussi rapidement. La situation de pénurie [d’offre par rapport à la demande] est maintenant dissipée, alors que le nombre d’acheteurs potentiels a considérablement diminué et que l’inventaire de propriétés à vendre a commencé à remonter ».

Par conséquent, on anticipe que « l’ajustement à la baisse des prix se poursuivra et [que] le creux cyclique devrait être atteint à la fin de l’an prochain ». Cela dit, les économistes s’attendent à ce que le niveau des prix moyens demeure supérieur d’environ 20 % au niveau qu’on observait en février 2020, soit juste avant le début de la pandémie.

Entre-temps, notent les économistes de Desjardins, la baisse des prix dans l’immobilier résidentiel ne s’annonce pas généralisée dans toute la province.

« Les marchés régionaux qui ont connu moins ou peu d’excès devraient mieux résister. À l’inverse, les régions où la surenchère a été plus intense, dans l’ouest du Québec notamment, connaîtront un atterrissage plus brutal », anticipent les économistes de Desjardins.