(Québec) L’inflation aurait atteint son sommet cet été et diminuera de façon « plus significative » cet automne, estime le ministre des Finances du Québec, Eric Girard.

Publié le 10 août
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Mais comme le coût de la vie a augmenté plus que prévu, l’intention du gouvernement d’envoyer un chèque supplémentaire aux Québécois s’il est réélu est toujours pertinente, selon lui.

À sa sortie d’une réunion du Conseil des ministres mercredi, Eric Girard a expliqué que les plus récentes statistiques indiquent que « le sommet en Amérique du Nord a été en juin » au chapitre du taux d’inflation.

Au Canada, l’inflation s’est élevée à 8,1 %, un niveau jamais vu depuis 1983.

« Il peut toujours y avoir des fluctuations, mais avec les informations que nous avons présentement, le deuxième trimestre tant aux États-Unis qu’au Canada, c’est là que nous aurions eu le sommet de l’inflation », a-t-il soutenu.

Les prévisions de l’ensemble des économistes, c’est que l’inflation va rester élevée au troisième trimestre – juillet, août, septembre –, pour amorcer une descente plus significative au quatrième trimestre.

Eric Girard, ministre des Finances du Québec

Pour faire face à la hausse du coût de la vie, le gouvernement a versé, le printemps dernier, 500 $ à 6,4 millions de Québécois. François Legault a déjà indiqué qu’il a l’intention d’envoyer un nouveau chèque cet automne, s’il est réélu le 3 octobre. Sa promesse sera détaillée en campagne électorale.

Cette aide financière supplémentaire est toujours pertinente même si le sommet de l’inflation a été atteint, selon Eric Girard. « La prévision au budget était de 4,7 % d’inflation pour 2022. Depuis ce temps, avec l’invasion en Ukraine, on a observé une moyenne à 6,5 % d’inflation. L’inflation est beaucoup plus élevée que ce que nous avions indiqué au budget, ce qui pourrait indiquer qu’il y a nécessité d’une compensation supplémentaire », a-t-il affirmé.

Le premier ministre a également fait miroiter une promesse de baisse d’impôt.

Eric Girard avait déjà chiffré à 35 % le risque d’une récession. « L’ordre de grandeur que j’avais donné est toujours bon », a-t-il dit. Pour « l’ensemble des économistes » du secteur privé, « ça oscille entre 25 % et 50 % ».

L’Indice des prix à la consommation du mois de juillet sera rendu public le 16 août.

Avec Fanny Lévesque, La Presse