La Coalition pour un avenir meilleur lance un appel à la concertation face à un monde de plus en plus instable.

Publié le 8 août
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

(Ottawa ) L’ancienne vice-première ministre du Canada Anne McLellan a adopté une expression bien connue pour définir le rôle que veut jouer la Coalition pour un avenir meilleur depuis sa création il y a un an : « L’union fait la force ».

Cette coalition, qui compte 131 membres représentant de grandes sociétés, des PME, des étudiants, des Premières Nations, le milieu culturel et des organisations sans but lucratif comme la Croix-Rouge, entre autres, a célébré sa première année d’existence vendredi.

Son objectif demeure d’actualité : proposer une vision de croissance économique inclusive et durable qui va bien au-delà des cycles électoraux et qui permettrait au Canada d’avoir l’une des économies les plus compétitives au monde.

La Coalition a mis au point un tableau de bord réunissant 21 paramètres de l’OCDE qui permettra de suivre les progrès du pays par rapport aux principaux indicateurs économiques, sociaux et environnementaux au cours de la prochaine décennie. Le premier rapport annuel sur les progrès accomplis sera publié au début de 2023.

Ces indicateurs comprennent notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la résilience économique, la balance commerciale, la contribution des technologies propres au PIB ou encore le pourcentage des ménages ayant accès à l’internet large bande, entre autres.

Consultez le tableau de bord de la Coalition pour un avenir meilleur

« Nous obtenons, et de loin, de bien meilleurs résultats quand nous travaillons ensemble », a lancé au bout du fil Anne McLellan, qui a été une ministre influente de l’Alberta dans les gouvernements libéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin.

Elle prêche d’ailleurs par l’exemple. Elle copréside la Coalition pour un avenir meilleur avec Lisa Raitt, une ancienne ministre du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Cet appel à la concertation des forces vives du pays est d’autant plus important dans un monde où la concurrence est toujours très féroce, mais qui est aussi marqué par l’instabilité, a souligné Mme McLellan en entrevue avec La Presse. La pandémie de COVID-19 et ses conséquences sur la chaîne d’approvisionnement mondiale ainsi que la guerre dévastatrice que mène la Russie en Ukraine en sont des exemples probants.

Il y a un degré élevé d’incertitude dans le monde, et personne ne devrait prétendre le contraire. Nous nous efforçons de faire en sorte que même si les gouvernements, le secteur privé et la société civile doivent absolument comprendre et gérer les défis à court terme, il ne faut pas perdre de vue nos objectifs à long terme si nous voulons être compétitifs en 2030 et en 2050.

Anne McLellan

Au cours des derniers mois, la concertation a d’ailleurs donné des résultats au pays, a souligné Mme McLellan. Le gouvernement fédéral et l’Ontario ont travaillé de concert avec le secteur privé et les syndicats pour faire de l’industrie automobile de la province un secteur d’avenir en misant sur la construction de véhicules électriques.

Au Québec, la concertation entre Ottawa et le gouvernement Legault a permis de convaincre la société pharmaceutique Moderna d’établir une usine de fabrication de vaccins et un centre de recherche important dans la région de Montréal — une avancée cruciale dans la relance du secteur de la biofabrication au pays.

Elle croit que la même concertation entre Ottawa et l’Alberta pourrait permettre de consolider un autre secteur d’avenir dans sa province, soit l’hydrogène dit bleu, produit à partir de gaz naturel.

« Les Canadiens, dans leur for intérieur, ne veulent pas de clivage comme on en voit ailleurs dans le monde. Ils veulent que l’on travaille ensemble. Ils ne veulent pas de chicanes entre les gouvernements. Ils ne veulent pas que les entreprises s’entredéchirent non plus. Ils veulent que nous concentrions nos efforts pour soutenir une croissance économique inclusive et durable. C’est le message que Lisa Raitt et moi-même martelons partout où nous allons », a dit l’ancienne ministre libérale.

Selon Anne McLellan, il en va de la qualité de vie de tous les Canadiens au cours des prochaines décennies.

La Coalition pour un avenir meilleur a déjà transmis ce message directement au premier ministre Justin Trudeau et à certains de ses ministres au cours des 12 derniers mois.