(Halifax) La tendance à la hausse du prix de la nourriture au Canada, à des niveaux sans précédent, doit se poursuivre l’année prochaine en raison des perturbations causées par la pandémie sur la chaîne alimentaire, des enjeux liés au marchés du travail et des conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes, indique une nouvelle étude.

Publié le 9 déc. 2021
Brett Bundale La Presse Canadienne

Le 12e Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation, publié jeudi, prédit que la famille canadienne moyenne déboursera 966 $ de plus pour se nourrir en 2022, ce qui représente une facture annuelle de 14 767 $ sur son panier d’épicerie.

Il s’agit d’une hausse de 7 % par rapport à 2021, soit le bond le plus important jamais indiqué dans les prévisions du Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation.

« L’ère de la nourriture bon marché est terminée », a affirmé Sylvain Charlebois, l’auteur principal de l’étude, professeur et directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.

« Les prix augmentent depuis 2010 et la pandémie a accéléré la cadence », a-t-il précisé.

Les prix des produits laitiers pourraient croître de 6 % à 8 %. Il pourrait en être de même pour les prix sur les menus des restaurants, en raison, notamment, des coûts de main-d’œuvre générés par la pénurie de personnel qui pousse les salaires à la hausse, et aussi de location des locaux commerciaux.

En revanche, les augmentations de prix devraient être un peu inférieures pour les fruits et les légumes de même que pour les produits de boulangerie.

Le rapport prévoit que les plus faibles hausses de prix, de zéro à 2 %, devraient survenir dans les rayons de la viande et des produits de la mer.

L’étude s’attend à une hausse de l’insécurité alimentaire au Canada qui augmentera la pression sur des organisations telles les banques alimentaires qui seront confrontées à des coûts en croissance.

La progression de l’insécurité alimentaire stimule un autre phénomène : les vols de nourriture dans les magasins, en particulier de viande, de fromage et de boissons énergétiques, selon l’étude.

D’autre part, les consommateurs peuvent s’attendre à être souvent confrontés à des tablettes vides dans les magasins d’alimentation en 2022.

Les phénomènes climatiques, tels les incendies de forêt en Colombie-Britannique et les sécheresses dans les Prairies, ont eu des conséquences négatives sur les prix des produits de boulangerie et de la viande en 2021 qui devraient persister l’année prochaine.

L’étude écrit que quelques provinces doivent s’attendre l’année prochaine à une inflation des prix de la nourriture plus élevée que la moyenne canadienne. Ce sera le cas pour l’Alberta, la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Ontario et la Saskatchewan.