(Québec) Généreux programme de bourses pour étudiants, prime aux retraités, programmes de rétention : Québec met la gomme pour résorber la pénurie de main-d’œuvre en santé, en éducation, dans les services à l’enfance et dans trois « secteurs stratégiques », le génie, les technologies de l’information et la construction.

Charles Lecavalier
Charles Lecavalier La Presse

« On ne peut pas tout faire. Comme gouvernement, c’est important de faire des choix. Et on a choisi les services essentiels et les secteurs stratégiques », a expliqué le ministre des Finances Eric Girard jeudi lors de la présentation de son minibudget.

Le gouvernement Legault veut donc requalifier et attirer près de 170 000 travailleurs dans ces endroits névralgiques avec un plan de 2,9 milliards sur cinq ans.

En chiffres

  • 27 000 personnes en santé et services sociaux
  • 8000 en éducation
  • 25 000 en services de garde éducatifs à l’enfance
  • 55 000 en génie et en technologie de l’information
  • 55 000 en construction

Il compte sur 22 000 immigrants pour pourvoir une partie de ces postes. Pour le reste, il veut former des étudiants, requalifier des travailleurs et attirer des retraités ou des gens qui ne sont actuellement pas sur le marché du travail.

Vous êtes au cégep ou à l’université en génie, en technologie de l’information ou en sciences infirmières par exemple ? L’État québécois vous donnera des milliers de dollars en bourse pour vous encourager à terminer vos études. Il prévoit investir 1,7 milliard en mesures « versées aux étudiants inscrits dans des programmes touchant des professions ciblées ».

Des élèves pourront obtenir jusqu’à 9000 $ pour une formation technique au collégial, et des étudiants, 15 000 $ à l’université pour un programme de trois ans, ou 20 000 $ pour un programme de quatre ans, tout ça alors que les droits de scolarité du Québec sont les plus bas aux pays, a souligné le ministre Girard.

Tous les cégépiens et étudiants, même ceux qui ont déjà commencé leur formation, auront droit à cette bourse à partir de la session d’automne 2022. Elle sera versée après chaque session à temps plein réussie, soit 1500 $ au collégial, et 2500 $ à l’université. La liste exhaustive des programmes visés par Québec sera annoncée plus tard, tout comme les détails du programme. Mais, déjà, on assure que les étudiants qui ne terminent pas leur formation n’auront pas à rembourser les sommes déjà versées.

Prime salariale pour les retraités

Ce n’est pas la seule mesure pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre. Québec va mettre en place une prime salariale temporaire pour les retraités de certaines professions du secteur public, au coût de 60 millions. En bref, Québec va leur remettre directement la somme d’argent qu’il verse normalement au fonds de pension d’un employé ordinaire. Il s’agit d’une prime annuelle de près de 3000 $ pour un retraité ayant un revenu de travail de 40 000 $, précise-t-on.

Québec vise notamment le personnel infirmier, les préposés aux bénéficiaires, les psychologues, les travailleurs sociaux, les enseignants du primaire et du secondaire et les techniciens en éducation spécialisée.

Il ajoute également 1 milliard sur cinq ans pour accroître la main-d’œuvre en santé. Cela inclut notamment l’embauche de milliers d’agents administratifs pour libérer les cliniciens des tâches administratives qui les empêchent de donner des soins directs aux patients. Il ajoute 550 millions en éducation, avec des mesures de rétention de main-d’œuvre qui n’ont pas encore été détaillées.

Québec prévoit également investir 1,1 milliard pour aider les secteurs du génie et de la technologie de l’information. Cela comprend l’embauche de 500 professeurs dans ces secteurs de pointe, ainsi que des programmes d’aide aux entreprises qui pourront par exemple embaucher du personnel qui est toujours aux études. Québec veut « soutenir les entreprises aux prises avec des difficultés de recrutement en adaptant des programmes d’études et en permettant aux travailleurs à l’emploi des entreprises participantes d’être libérés pour suivre une formation, lorsqu’une partie du programme d’études est réalisée en milieu de travail par le biais de stages », indique-t-on dans le document.