(Washington) Le déficit budgétaire des États-Unis s’est réduit en 2021, après son record historique de 2020, la reprise économique ayant permis de remplir les caisses. L’administration Biden y voit le résultat de sa politique, et un argument supplémentaire en faveur de ses plans d’investissements.

Julie CHABANAS Agence France-Presse

Le déficit s’est établi à 2772 milliards de dollars, pour l’année fiscale 2021, close le 30 septembre, a annoncé vendredi le département du Trésor.

C’est 360 milliards de dollars de moins que l’an passé, et cela représente 12,4 % du produit intérieur brut (PIB), contre 15 % en 2020.

C’est aussi mieux qu’attendu, puisque les projections initiales tablaient sur un déficit de 3669 milliards, quand les projections à mi-chemin étaient de 3114 milliards.

En 2020, la crise économique provoquée par la COVID-19 avait fait bondir le déficit des États-Unis au niveau jamais vu de 3132 milliards de dollars, sous l’effet du paiement de chèques de relance, d’indemnités chômage, ou encore de prêts aux petites et moyennes entreprises.

C’était même plus du double du précédent record, enregistré en 2009, quand, en pleine récession liée à la crise financière immobilière, il avait grimpé à 1400 milliards de dollars.

« Hausse des revenus »

« L’augmentation des recettes en 2021 peut être en grande partie attribuée à la hausse des revenus des particuliers et des entreprises », a souligné le département au Trésor dans son communiqué.

La reprise économique s’est accélérée au printemps aux États-Unis, avec la campagne de vaccination. L’activité des entreprises s’est accrue, notamment dans les secteurs les plus touchés par la crise — restauration, tourisme — faisant grimper leur bénéfice et donc le montant de leurs impôts.  

Et de nombreuses personnes qui avaient perdu leur emploi avec la crise ont repris le travail et donc reçu un salaire, imposable, quand les allocations chômage ne le sont qu’en partie.

Ce sont ainsi 4046 milliards de dollars qui sont entrés dans les caisses de l’État fédéral américain entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021, 600 milliards de plus qu’en 2020.

Cela représente 18,1 % du PIB, contre 16,3 % en 2020.

Les dépenses, elles, ont été de 6818 milliards (30,5 % du PIB), soit une hausse de 266 milliards de dollars par rapport à 2020. Cela représente 30,5 % du PIB, une part moins importante que les 31,3 % l’an passé.  

Reprise économique « fragile »

Cette amélioration des finances du pays « est une preuve supplémentaire que l’économie américaine est en pleine reprise », a commenté la secrétaire au Trésor Janet Yellen, citée dans le communiqué.

« Bien que la reprise économique du pays soit plus forte que celle des autres pays riches, elle reste fragile », a-t-elle cependant alerté.

Ce nouvel appel du pied lancé aux élus de Congrès intervient alors que les discussions restent très difficiles autour des deux grands projets d’investissements et de réformes de Joe Biden.

Le président américain s’est dit jeudi prudemment optimiste sur la possibilité d’un accord pour faire passer son ensemble de réformes sociales et d’infrastructures.

Il devra sans doute, cependant, laisser de côté la hausse des impôts pour les ménages les plus riches et les entreprises, élément clé du financement de ses mesures.

« Je ne pense pas que nous pourrons obtenir » ces hausses d’impôts, a indiqué Joe Biden.