(Québec) Québec déposera un « minibudget » en novembre pour entre autres pallier la pénurie de main-d’œuvre, mais il sera impossible de pourvoir tous les postes vacants, soutient le premier ministre François Legault, qui prévoit également augmenter la production d’électricité avec de nouveaux parcs éoliens.

Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

« Un minibudget s’en vient au mois de novembre » et la requalification des travailleurs vers les secteurs en pénurie « sera un sujet très important », a-t-il déclaré dans une allocution au congrès de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) jeudi.

L’objectif du gouvernement est d’inciter des chômeurs et des travailleurs se trouvant dans des domaines « où il y a un peu moins d’avenir » à se diriger vers des secteurs demandés. « On va même accompagner financièrement les personnes à se requalifier. C’est ce [sur quoi] on est en train de travailler » en prévision du minibudget du ministre des Finances, Éric Girard, a-t-il expliqué.

« Mais il reste qu’on ne pourra pas combler tous les postes. On est rendu à 200 000, on va en avoir 250 000, 300 000. Mais tous les Québécois vont avoir un bon emploi. C’est ça qu’il y a de plus important. Il faut le regarder positivement, tout en accompagnant les entreprises. »

Dans la dernière année, le gouvernement a déjà annoncé des sommes pour requalifier les travailleurs qui ont perdu leur emploi durant la pandémie. Éric Girard injectera donc de l’argent supplémentaire dans le minibudget, un exercice qui sera donc plus important encore qu’une mise à jour économique. M. Girard a dit à La Presse cette semaine que le déficit anticipé de 12,3 milliards de dollars pour l’année en cours sera revu à la baisse en raison d’une relance économique plus forte que prévu.

Après avoir diminué les seuils d’immigration en début de mandat, Québec revient à un accueil de 50 000 immigrants par année, mais il ne peut aller plus loin, selon François Legault. « Toutes proportions gardées, on en reçoit beaucoup plus [qu’ailleurs] et il y a un défi d’intégration au français. Il faut vivre avec cette réalité », a-t-il soutenu.

En présence de la PDG d’Hydro-Québec Sophie Brochu, François Legault a salué la récente entente pour fournir en électricité l’État de New York. Il a par la suite souligné que les surplus d’hydroélectricité ont fondu. « On va en manquer peut-être un petit peu, a-t-il dit. On espère en manquer parce qu’on va développer plus. »

L’énergie éolienne est devenue moins coûteuse, alors que le prix est passé de 11 à 6 cents le kilowattheure dans les plus récents contrats, a indiqué François Legault. Il y voit une bonne raison de développer davantage cette filière et d’augmenter la production d’électricité. « C’est moins cher que de développer des barrages. Donc l’éolien, un, c’est compétitif et, deux, on a besoin de plus d’énergie. » Il a invité les municipalités à travailler avec Hydro-Québec sur le dossier.

Après l’avoir mis sur la glace dès son arrivée au pouvoir, François Legault a donné le feu vert en début d’année au projet de parc éolien Apuiat, sur la Côte-Nord.

Toujours devant les membres de la FQM, François Legault a affirmé qu’une annonce aura lieu bientôt en vue de « transférer dans la prochaine année des milliers d’emplois [gouvernementaux] de Québec vers les régions ». Sa promesse électorale prévoit un transfert de 5000 emplois, un nombre qu’il n’a pas repris dans son discours. Le président de la FQM, Jacques Demers, a demandé que ce ne soit pas n’importe quel emploi, mais bien des postes de « décideurs » afin de favoriser une décentralisation des pouvoirs vers les régions.