(Washington) L’inflation aux États-Unis est restée stable en juin par rapport à mai, pour la première fois depuis des mois, tandis que les dépenses des ménages sont reparties à la hausse notamment grâce à la réouverture des restaurants et hôtels.

Agence France-Presse

En juin, les prix ont, comme le mois précédent, augmenté de 4 % sur un an et de 0,5 % sur un mois, selon les données publiées vendredi par le département du Commerce.

Les prix à la consommation flambent depuis plusieurs mois, portés par la forte demande liée à la réouverture de l’économie et aux difficultés mondiales d’approvisionnement.  

La hausse de juin est néanmoins moins forte que prévu, puisque les analystes attendaient +0,7 % sur un mois.

Ce ralentissement pourrait être vu comme rassurant, alors que le président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, mais aussi le FMI, qui assurent depuis des mois que cette inflation ne devrait être que temporaire, ont reconnu cette semaine qu’elle pourrait être plus forte et durable que prévu.

En excluant les prix volatiles de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation dite sous-jacente s’établit à +0,4 % sur un mois, un peu ralentie par rapport aux 0,5 % de mai. En revanche, sur un an, elle est au plus haut depuis décembre 1991, à +3,5 %.

L’inflation élevée des derniers mois reflète « des disparités entre l’offre et la demande dans une poignée de secteurs, qui sont susceptibles de s’avérer transitoires », a estimé vendredi soir l’une des gouverneurs de la Fed Lael Brainard, lors d’un discours à Aspen (Colorado).

« De nombreuses forces conduisant à des gains de prix démesurés devraient se dissiper d’ici à la même période l’année prochaine », a-t-elle souligné.

Cette hausse des prix a par ailleurs conduit à une dégradation de la confiance des consommateurs en juillet, selon l’estimation finale de l’enquête de l’Université du Michigan également publiée vendredi, en raison largement des « prix élevés des maisons, voitures, et biens durables ».

Variant Delta

Par ailleurs, la réouverture des services grâce à la vaccination a fait grimper de 1 % les dépenses des ménages, après avoir reculé de 0,1 % en mai, selon des données révisées en légère baisse publiées par le département du Commerce.

Les Américains sont notamment allés manger au restaurant, ou sont partis en vacances et ont dormi à l’hôtel. Les dépenses en produits pharmaceutiques et essence ont également grimpé.

Leurs revenus en revanche sont quasi-stables par rapport à mai (+0,1 %).

« Le taux d’épargne a diminué beaucoup plus rapidement que prévu et pourrait constituer un vent contraire avec la propagation du variant Delta cet été », avertit Diane Swonk, économiste pour Grant Thornton.

Elle note cependant que « les consommateurs apprennent à vivre avec le virus et continuent à dépenser même en cas d’épidémie ».

Lael Brainard a elle aussi fait état d’inquiétudes liées au variant Delta, qui « pourrait affaiblir le rebond des services et compliquer le retour en personne à l’école et au travail dans certaines régions ».

L’économie américaine a retrouvé au deuxième trimestre son niveau d’avant-crise, malgré une croissance décevante du PIB, +6,5 % en rythme annualisé.