(Washington) Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage sont reparties en hausse aux États-Unis, contredisant les attentes des analystes et montrant que le marché du travail reste fébrile, selon les données publiées jeudi par le département du Travail.

Agence France-Presse

Entre les 27 juin et le 3 juillet, 373 000 personnes ont déposé une demande d’allocations chômage, soit une hausse de 2000 comparée à la semaine précédente dont les données ont, elles, été révisées également en hausse (+7000).  

Les analystes s’attendaient à une nouvelle baisse à 350 000 demandes.  

En moyenne sur quatre semaines, les nouvelles demandes s’élèvent à 394 500, niveau quasiment inchangé (-250) comparé à la période précédente. Cela reste néanmoins le niveau le plus bas depuis le 14 mars 2020 quand il était à 225 500.

Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics, estime que le consensus des économistes n’a pas tenu compte du contexte : les vacances et la fête nationale du 4 juillet.

De nombreux chômeurs ne peuvent pas retourner au travail faute de pouvoir faire garder leurs enfants en cette période estivale.

« Les ajustements saisonniers sont difficiles avec, simultanément, la période des vacances autour du 4 juillet et les arrêts annuels de réoutillage des constructeurs automobiles, ce qui peut rendre les chiffres encore plus volatils que d’habitude », a ainsi commenté M. Shepherdson.  

Selon lui, cette situation risque de perdurer jusqu’à la fin du mois de juillet.

« Mais nous ne doutons pas que la tendance de fond restera à la baisse », a ajouté l’économiste.

D’autant que « le licenciement de personnels est désormais risqué, car si les affaires s’avéraient meilleures que prévu, la réembauche sera difficile et probablement coûteuse, compte tenu de la tension du marché du travail ».

De nombreux employeurs font part depuis des semaines de difficultés de recrutement.

Vers la fin des aides d’État

De son côté, Rubeela Farooqi de High Frequency Economics note que « le nombre total de personnes bénéficiant d’une aide gouvernementale reste étonnamment élevé dans une économie qui se normalise ».  

Selon le rapport publié jeudi, plus de 14,2 millions de personnes recevaient encore des prestations sous une forme ou une autre au cours de la semaine se terminant le 19 juin (données les plus récentes).  

« Dans l’ensemble, nous anticipons une diminution des demandes hebdomadaires d’allocations chômage au cours des prochaines semaines à mesure que la croissance de l’emploi s’accélère », estime néanmoins Mme Farooqi, relevant que la baisse va être en partie due à la suspension des mesures de soutien fédérales par les États.

Les chômeurs perçoivent une allocation supplémentaire de 300 dollars par semaine, qui s’ajoutent aux allocations des États qui varient de 230 à 820 dollars hebdomadaires.

Ces allocations exceptionnelles doivent expirer début septembre. Mais certains États républicains ont décidé d’y mettre fin par anticipation, estimant que ces aides sont trop généreuses et ne motivent pas à aller travailler.

La banque centrale américaine met, elle, en avant, une combinaison de facteurs pour expliquer ce retour au travail poussif malgré l’offre d’emplois abondante : l’inadéquation entre emplois et profils des demandeurs d’emplois, le problème de garde d’enfants, la peur persistante de la COVID-19 ou encore le changement d’aspiration professionnelle de certains travailleurs qui ont décidé de prendre leur temps plutôt que d’accepter n’importe quelle offre.