(Washington) La confiance des consommateurs américains s’est redressée en juin, portée par les perspectives de croissance économique et d’un fort recul du chômage, et malgré les craintes de voir les prix continuer à grimper.  

Agence France-Presse

L’indice s’établit à 86,4 points, contre 82,9 points en mai, selon l’estimation préliminaire de l’enquête de l’Université du Michigan publiée vendredi. C’est bien mieux qu’attendu par les analystes, qui le voyaient s’établir à seulement 83,5 points.

Optimisme envers l’avenir, lucidité au présent

Il est en bonne voie pour rattraper son niveau atteint en avril, quand il était au plus haut depuis le début de la crise (88,3 points).

Dans le détail, c’est la perception des perspectives économiques qui s’améliore le plus (+6,3 % à 83,8 points), tandis que celle des conditions actuelles grappille 1,3 % à 90,6 points.

« La hausse de l’inflation est restée une préoccupation majeure des consommateurs, bien que le taux d’inflation attendu soit moins élevé début juin », souligne Richard Curtin, l’économiste chargé de cette enquête, cité dans le communiqué.

Grandes craintes pour le pouvoir d’achat

Car les Américains s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat. Les prix à la consommation ont spectaculairement bondi de 5 % en mai sur un an aux États-Unis, leur plus forte hausse depuis près de 13 ans.

Les consommateurs sont ainsi particulièrement pessimistes quant aux prix des maisons, véhicules et biens ménagers durables (ameublement, électroménager …), puisque leur perception sur ce point précis est tombée à son « pire niveau depuis le record historique de novembre 1974 », lorsque l’inflation flambait aux États-Unis.

Mais une importante partie de l’inflation observée en mai est liée à la comparaison par rapport à l’année dernière, lorsque les prix avaient baissé en raison des mesures de confinement. Cet effet devrait s’atténuer dès le mois de juin, selon certains économistes.

Restaurants et billets d’avion

Par ailleurs, les ménages vont de plus en plus dépenser leur argent dans les services -restaurant, voyages, loisirs, etc. - très touchés par la pandémie et qui reprennent vie. La consommation des ménages, qui ont touché beaucoup d’aides du gouvernement, devrait se reporter sur les loisirs, après une forte demande de biens, ce qui permettra à l’offre disponible de mieux répondre à la demande.

Les perturbations mondiales de la chaîne d’approvisionnement, qui provoquent des retards et une hausse des prix, devraient encore durer quelques mois avant un retour à la normale.