La pandémie a bouleversé nos comportements en 2020, et le portrait des échanges internationaux du Canada en cette année de pandémie en est la preuve. Le déficit commercial canadien, soit la différence entre les exportations et les importations, a plus que doublé en un an, rapporte Statistique Canada.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

La valeur des exportations canadiennes de marchandises a chuté de 12,4 % l’an dernier, rapporte Statistique Canada. Les importations ont aussi diminué, mais dans une moindre mesure, soit de 8,5 %. Le déficit commercial est passé de 15,4 milliards en 2019 à 37,3 milliards en 2020. Des variations extrêmes ont été enregistrées, certains produits ayant connu des baisses draconiennes et d’autres, des hausses vertigineuses.

Le pétrole, première victime

Le Canada a exporté pour 74,3 milliards de pétrole brut l’an dernier. C’est 36,6 % de moins qu’en 2019, tant en raison de la baisse des prix du brut que de l’effondrement de la demande. Les exportations de pétrole, qui avaient déjà commencé à baisser avant le début de la pandémie, ont littéralement plongé à compter du mois de mars quand les déplacements ont cessé et que le télétravail s’est généralisé. Le pétrole à lui seul est responsable des trois quarts de la baisse des exportations totales du Canada.

Un sommet pour les céréales

PHOTO IAN WALDIE, ARCHIVES BLOOMBERG

Les exportations de blé, de canola, de soya et de légumineuses ont bondi de 14,9 % l’an dernier au Canada.

Les producteurs de céréales canadiens se souviendront de 2020 comme d’une très bonne année. Les exportations de blé, de canola, de soya et de légumineuses ont bondi de 14,9 % l’an dernier et ont atteint le sommet sans précédent de 43,6 milliards. Les ventes de céréales à l’étranger ont été aidées par la disponibilité du réseau ferroviaire, moins accaparé par d’autres secteurs, dont le pétrole, en raison de la pandémie. Fait à souligner, la Chine, qui avait boudé les céréales canadiennes en 2019, a augmenté ses achats de 38 % en 2020.

750 fois plus de masques

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

En 2020, le Canada a importé 42,6 % de plus d’équipements de protection individuelle – dont les masques –, un sommet en 10 ans.

Les importations de biens de consommation ont atteint un niveau record en 2020, et ce sont les masques et les équipements de protection individuelle comme les blouses qui ont volé la vedette en 2020. Le Canada a importé 42,6 % de plus de biens de cette catégorie, un sommet en 10 ans. En même temps, les importations de vêtements et de chaussures ont connu leur plus forte baisse en 10 ans. Pour les masques uniquement, la valeur des importations a été multipliée par 750, passant de 2 millions en 2019 à 1,5 milliard en 2020.

Surplus avec les États-Unis

PHOTO LARS HAGBERG, ARCHIVES REUTERS

En 2020, 71,8 % des exportations canadiennes ont pris le chemin des États-Unis.

Le surplus commercial du Canada avec les États-Unis a diminué en 2020. À 26,9 milliards, ce surplus est actuellement à son niveau le plus bas depuis 2013. Les exportations vers les États-Unis ont diminué de 15,7 %, notamment à cause de la baisse de la demande de pétrole. En 2020, 71,8 % des exportations canadiennes ont pris le chemin des États-Unis. Avec le reste du monde, le Canada a des échanges commerciaux déficitaires. Ce déficit commercial s’est rétréci l’an dernier, de 69,7 milliards en 2019 à 64,2 milliards en 2020. Selon Statistique Canada, le commerce dans son ensemble a moins souffert de la pandémie que de la crise financière de 2008. L’activité commerciale totale (exportations et importations) a reculé de 10,4 % de 2019 à 2020. Entre 2008 et 2009, la baisse avait été de 20,4 %.