(Francfort) La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a assuré mercredi qu’il se passera « un certain temps » avant que l’institution resserre sa politique monétaire, notant que les pressions inflationnistes restent faibles en zone euro sur fond de pandémie de la COVID-19.

Agence France-Presse

La BCE mène une politique très expansive destinée à soutenir les crédits aux ménages et aux entreprises. Elle a récemment renforcé le rythme de ses achats de dette publique et privée, de manière à contrer des tensions sur le marché obligataire créées par les craintes d’une surchauffe de l’économie, surtout aux États-Unis.  

« La prochaine inquiétude », selon Mme Lagarde, se manifestera « lorsque les rendements augmenteront parce que l’économie reprend, parce que les consommateurs consomment, les investisseurs investissent et parce que, espérons-le, ils exerceront un peu de pression sur les prix dans notre économie », a-t-elle déclaré lors d’une interview à la chaîne Bloomberg TV.  

Des prix plus élevés de manière durable forcent d’ordinaire les banques centrales à resserrer la vis sur le plan monétaire, en relevant leurs taux à court terme ou en réduisant voir mettant fin à des interventions sur le marché de la dette.

La Française a estimé qu’il faudra « encore un certain temps avant de se demander (si) nous devons resserrer » le cap monétaire, sans être plus précise. Elle a notamment souligné la « distance » restante par rapport à l’objectif d’inflation visé par la BCE, proche de 2 %.

À l’instar de la récente hausse des taux obligataires qu’ils ont suscités, les marchés financiers cherchent eux à anticiper ce que sera l’action future des banques centrales.

« Les marchés peuvent nous tester autant qu’ils le souhaitent », a souligné Mme Lagarde, qui a rappelé que la BCE est « rivée sur son mandat », auquel se rattache l’objectif d’inflation.  

Les marchés ne seront pas pour autant pris au dépourvu une fois que l’heure de la fin des largesses monétaires aura sonné.  

« Nous donnerons un préavis suffisant », a affirmé Christine Lagarde, histoire d’éviter des mouvements de panique comme par le passé.

En 2013, le patron de la vénérable Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, prononçant une phrase apparemment anodine en mai 2013 pour annoncer que la Fed allait réduire (« taper ») ses achats d’obligations destinés à soutenir l’économie américaine, avait provoqué une panique sur les marchés mondiaux.