Le plan de Québec solidaire pour sortir de la crise repose sur l’embauche massive de travailleurs du secteur public et sur l’imposition d’un impôt de pandémie pour les entreprises qui ont fait plus d’argent pendant la pandémie.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

L’impôt de pandémie « temporaire, mais musclé » permettrait de récolter 3,4 milliards, précise Gabriel Nadeau-Dubois. Ce n’est plus une idée portée par la gauche, a-t-il dit. « Il y a des gens comme Mitch Garber et Warren Buffet, qui ne sont pas exactement des socialistes, qui le disent aussi ».

Le plan de relance de Québec solidaire rendu public mardi s’intitule « Se relever ensemble ». Il propose de nouvelles dépenses annuelles de 8,7 milliards, qui seraient financées par de nouvelles sources de revenus, comme l’impôt de pandémie, une taxe sur les grandes fortunes d’un million et plus, qui rapporterait 5 milliards, le rétablissement de la taxe sur le capital pour les institutions financières et une taxe sur les géants de l’internet.

> Lisez le plan de relance de Québec solidaire « Se relever ensemble »

Au total, les différentes mesures fiscales proposées dans le plan permettraient de récolter 10 milliards qui pourraient être redistribués plus équitablement. « Il n’y aurait aucun nouveau déficit et aucune hausse de taxe ou d’impôt pour les contribuables », a souligné l’élu du comté de Gouin.

Québec solidaire propose d’embaucher plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le secteur public et communautaire pour répondre aux besoins croissants de la population québécoise. Des dépenses d’infrastructures totalisant 21,3 milliards sont prévues dans le plan, pour le transport public, l’amélioration du réseau internet et le logement social.

Le parti revient avec sa proposition de créer une nouvelle société d’État, Pharma-Québec pour centraliser l’achat de médicaments et de vaccins, produire du matériel médical et faire de la recherche-développement. « Il faut se redonner les moyens de prendre soin de notre monde », estime la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. Si on avait Pharma-Québec, « on ne serait pas à attendre après l’Inde pour nos vaccins », a-t-elle commenté.

Le plan de relance propose aussi de réduire de moitié les tarifs du transport en commun, dans une première étape qui mènerait à la gratuité totale des services. Pour réanimer le secteur culturel mis à mal par la pandémie, Québec solidaire suggère de remettre à tous les Québécois un bon de 60 $ pour l’achat d’un produit culturel.

Fiscalité, transition énergétique, santé, tous les secteurs d’activités sont abordés dans une perspective de relance et de changement par le parti d’opposition qui publie les résultats de sa réflexion à quelques semaines du dépôt du budget.

Ce n’est pas une plate-forme électorale, ont souligné Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé en conférence de presse. C’est un plan pour reconstruire le Québec qui a le pire bilan de la COVID-19 au Canada. « Il faut apprendre de ça », a dit Manon Massé.

La formation politique prévoit déjà que son plan sera qualifié d’irréaliste et de trop ambitieux. Ceux qui le critiqueront, « ce sont les mêmes qui, depuis trop longtemps, chantent les louanges du déficit zéro, de la nouvelle gestion publique, de l’économie pétrolière et gazière, du fédéralisme canadien, du libre-échange ».

« Tournons la page, changeons le système », conclut le document. Selon Québec solidaire, il est temps de faire preuve d’ambition. « L’alternative, c’est l’austérité et les Québécois ne sont plus capables de l’austérité », croit Gabriel Nadeau-Dubois.