(New York) Les prix du pétrole ont fini sur une fausse note vendredi, en conclusion de la pire semaine en cinq mois pour le marché de l’or noir, préoccupé par une demande morose et l’absence de réaction des principaux pays producteurs.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, dont c’était le dernier jour de cotation, a perdu 0,5 % ou 19 cents par rapport à la clôture de jeudi, à 37,46 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour le même mois a lâché 1,1 % ou 38 cents, à 35,79 dollars.

En plongeant respectivement de 10 % et 11 % sur la semaine, les deux contrats de référence ont enregistré leur pire chute hebdomadaire depuis avril.

« Les restrictions croissantes jettent une ombre sur les perspectives de la demande à court terme », a résumé Stephen Brennock, analyste de PVM.

La pandémie de coronavirus continue de s’aggraver à travers le monde, en Europe où certains pays reconfinent leur population mais aussi outre-Atlantique où les États-Unis ont enregistré jeudi un record quotidien de plus de 90 000 cas positifs, selon un comptage de l’université Johns Hopkins.

Sur ce marché qui n’absorbe déjà pas la quantité d’or noir sortie de terre, la reprise rapide de la production libyenne exerce une pression supplémentaire sur les cours.

« Il incombe maintenant à l’OPEP “de reconsidérer son augmentation de production prévue en janvier », a estimé Jeffrey Halley, de Oanda.

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés, via l’accord OPEP+, ont maintenu à l’occasion de leur dernière réunion ministérielle mensuelle, le 19 octobre, le calendrier des coupes décidées en avril pour faire face à l’impact de la pandémie.

Celui-ci est censé entraîner le retour sur le marché de 1,9 million de barils par jour au 1er janvier.

L’OPEP doit se réunir à nouveau fin novembre, le marché se demandant si les pays membres décideront d’ajuster ou non leur rythme de production.

« C’est la question à 10 dollars », avance M. Brennock, car selon lui la décision d’un maintien ou d’un report de ce calendrier « pourrait faire bouger les prix du pétrole de 10 dollars dans un sens ou dans l’autre ».