(Ottawa) La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a repoussé mercredi les appels à la restriction des dépenses du gouvernement en pleine pandémie, affirmant que ces investissements étaient nécessaires pour permettre au Canada de traverser la pandémie et d’assurer sa prospérité sur le long terme.

Agence France-Presse

Le gouvernement fait face à des critiques de plus en plus nombreuses sur ses dépenses excessives face à la crise, alors qu’Ottawa a déjà investi l’équivalent d’au moins 14 % du PIB national dans des mesures d’urgence pour pallier l’impact de la pandémie.

« Nos citoyens et nos entreprises souffrent sans que ce soit de leur faute. Il serait monstrueux qu’un gouvernement les abandonne à un moment comme celui-ci », a-t-elle dit dans un discours dans le cadre d’un forum économique international de Toronto.

« Ce serait non seulement cruel, mais une erreur économique. Parce que la rapidité et l’amplitude de notre relance éventuelle seront directement liées à notre capacité à limiter les blessures économiques causées par la récession liée au coronavirus », a-t-elle estimé.

Mme Freeland a assuré que la politique fiscale expansionniste d’Ottawa serait limitée et temporaire.

Le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas présenté de budget depuis mars 2019, soit bien avant la pandémie et sa réélection il y a un an.

Le gouvernement doit présenter prochainement de nouvelles projections budgétaires, mais le premier ministre a exclu cette semaine qu’elles prévoient un retour à l’équilibre des finances publiques.

Selon des projections publiées en juillet, le gouvernement canadien se dirige vers un déficit budgétaire de 343 milliards de dollars (219 milliards d’euros) pour l’année fiscale 2020-2021, douze fois plus élevé que les estimations précédentes.

L’économie a cependant légèrement repris depuis l’été, ce qui devrait se traduire par une augmentation des recettes du gouvernement.