(Washington) L'administration de Donald Trump, qui continue de multiplier les sanctions anti-Iran à l’approche de la présidentielle américaine, a donné lundi un nouveau tour de vis contre le pétrole iranien, notamment les ventes à la Syrie et au Venezuela.

Agence France-Presse

Depuis qu’il s’est retiré en 2018 de l’accord international censé empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, le président américain a rétabli puis durci toutes les sanctions des États-Unis, notamment l’embargo sur le pétrole iranien.

Lundi, le Trésor américain a inscrit sur sa liste noire la compagnie pétrolière nationale iranienne, le ministère du Pétrole ainsi que la société nationale de pétroliers pour le transport maritime, déjà sanctionnés par ailleurs.  

Il l’a fait cette fois au nom de leurs liens avec la Force Qods, l’unité d’élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, considérée comme une organisation terroriste par Washington.

« Le régime iranien continue de placer son soutien aux entités terroristes et son programme nucléaire devant les biens du peuple iranien », a dénoncé le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a lui estimé qu’il s’agissait d’un avertissement pour « la poignée de derniers acheteurs de brut iranien ».

Le ministre iranien du Pétrole Bijan Zanganeh, personnellement visé, a au contraire assuré que ces mesures punitives illustraient « l’échec de la politique de Washington visant à réduire à zéro les exportations de brut ».  

Le Trésor américain accuse un réseau soutenu par la Force Qods d’avoir fait partir d’Iran plus d’une dizaine de pétroliers de brut au printemps 2019, essentiellement vers la Syrie, où l’Iran est l’un des principaux parrains du président Bachar al-Assad.

Le Trésor a aussi imposé des sanctions à un homme d’affaires iranien installé au Royaume-Uni, Mahmoud Madanipour, et à des sociétés liées à ce dernier, pour avoir organisé le transport de carburant au Venezuela.

Contrairement à Donald Trump, qui le juge laxiste et insuffisant, son adversaire démocrate Joe Biden soutient toujours l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien conclu lorsqu’il était vice-président de Barack Obama. Mais la multiplication de ces sanctions risque de brider ses marges de manœuvre en cas de victoire le 3 novembre.

« Il est probable que l’impact de ces sanctions, même aussi tardives, puisse survivre aux rendez-vous politiques de 2020 », a prédit Behnam Ben Taleblu, de la Foundation for the Defense of Democracies, un groupe de réflexion partisan d’une ligne dure face à Téhéran.