(Washington) Plus l’élection présidentielle américaine du 3 novembre se rapproche, plus l’annonce d’un accord sur un plan de soutien à l’économie du pays paraît hors d’atteinte, une perspective qui fait trembler Wall Street même si la Maison-Blanche et les démocrates discutent encore.

Virginie MONTET
Agence France-Presse

Lundi la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor de Donald Trump, Steven Mnuchin, se sont entretenus au téléphone pendant 52 minutes mais sans grande avancée.

« Alors que la nation enregistre un nombre record de nouveaux cas de COVID-19, nous continuons à attendre de l’administration qu’elle accepte notre proposition sur le plan sanitaire, qui inclut une feuille de route nationale pour les tests et traçages », a écrit sur Twitter le porte-parole de Mme Pelosi, Drew Hammill.  

Il a assuré que la présidente démocrate de la Chambre des représentants restait « optimiste sur l’obtention d’un accord avant les élections ».

Pour sa part, plus tôt dans la journée, le principal conseiller économique de la Maison-Blanche Larry Kudlow ne s’était pas montré rassurant : « les discussions ont clairement ralenti », a-t-il dit sur la chaîne d’information financière CNBC, mais « elles ne sont pas terminées ».

« Je ne veux pas faire de prédictions », a-t-il ajouté alors qu’après des semaines de volte-face et d’atermoiements mal accueillis par les marchés financiers, l’administration Trump, les républicains au Congrès et les démocrates n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur une nouvelle enveloppe d’aide.

Mais à huit jours de l’élection présidentielle, même un compromis de la dernière heure demanderait plusieurs semaines voire plusieurs mois pour être mis en place et aider concrètement les entreprises et les ménages américains en difficulté à cause de la pandémie de COVID-19.

« Le gros problème est que, bien que nous soyons proches, il y a encore de grandes différences qui nous séparent », a ajouté le conseiller de la Maison-Blanche qui estime que les démocrates « devraient faire davantage de compromis ».  

Wall Street a clôturé en chute lundi accusant sa pire journée depuis presque deux mois. L’indice vedette Dow Jones s’est enfoncé de 2,29 %.  

« Pas de loi idéologique »

Les sénateurs républicains s’opposent notamment à des aides qui iraient aux collectivités locales, et plus particulièrement aux États très affectés par la pandémie, dont un grand nombre sont gouvernés par des démocrates. Ils veulent aussi protéger les entreprises de poursuites judiciaires venant de salariés potentiellement infectés.

Selon M. Kudlow, il y a concordance de vues sur le fait que les petites entreprises et les compagnies aériennes ont besoin d’aide. Mais il a estimé qu’il n’y avait « pas besoin d’un gigantesque projet de loi idéologique ! ».

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’une assistance ciblée », a-t-il martelé.

La semaine dernière, les responsables avaient soufflé le chaud et le froid sur l’avancée des discussions. Nancy Pelosi s’était montrée en confiance mais le président républicain du Sénat, Mitch McConnell, aurait en privé conseillé aux républicains de ne rien conclure avant l’élection.

« Il est clair que nos progrès dépendent de l’accord du leader [de la majorité républicaine] McConnell pour une loi large et bipartisane afin d’écraser le virus […] et mettre de l’argent dans le portefeuille des Américains », a encore indiqué le porte-parole des démocrates.  

Au cours de ces difficiles discussions, le président Donald Trump avait annoncé brutalement la fin des négociations il y a quelques semaines, avant d’opter pour des mesures ciblées ou de proposer un montant global de 1900 milliards de dollars, plus proche des ambitions des démocrates (2200 milliards).

La Maison-Blanche met en avant « la solide reprise américaine en forme de V » après les dommages infligés par la pandémie de coronavirus et les fermetures généralisées des entreprises.

De nombreux économistes soulignent toutefois que la première économie mondiale n’a évité une pire récession que grâce aux presque 3000 milliards de dollars d’aide rapidement injectés sous la forme d’allocations chômage supplémentaires et de prêts pour les entreprises.

Début octobre, le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell a prévenu que les conséquences seraient désastreuses pour l’économie s’il n’y avait pas de nouvelles aides.