(Washington) Les chances de parvenir à un accord sur un plan de soutien économique aux États-Unis avant l’élection présidentielle du 3 novembre ont augmenté mardi après que la cheffe de l’opposition démocrate a annoncé que la rédaction d’un texte était en cours.

Julie CHABANAS
Agence France-Presse

Les discussions entre l’administration Trump et les démocrates se poursuivent, même si l’ultimatum de 48H posé par ces derniers a expiré.

De « grands progrès » ont été faits dans les discussions, a déclaré le chef de cabinet de Donald Trump, Mark Meadows, en fin de journée sur la chaîne CNBC.

Il espérait qu’un accord puisse être trouvé d’ici la fin de la semaine.

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, et la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui négocient ce plan de relance depuis trois mois, se sont parlé par téléphone mardi après-midi. Ils doivent s’entretenir de nouveau mercredi.

« Nous nous approchons d’un accord », a estimé Nancy Pelosi mardi soir dans un communiqué, se disant « optimiste » sur le fait d’y arriver avant l’élection.

L’ultimatum a selon elle « permis de voir que des décisions peuvent être prises et qu’il est possible de discuter, ce qui montre que les deux camps sont sérieux dans leur volonté de trouver un compromis ».

Rien avant l’élection ?

L’administration Trump et l’opposition démocrate semblaient même, plus tôt dans la journée, sur le point de trouver un compromis. Cet optimisme avait d’ailleurs été salué par les marchés financiers, notamment par Wall Street, qui a passé la journée dans le vert.

Nancy Pelosi avait indiqué que, malgré certains sujets toujours en discussion, le texte était en train d’être rédigé.

Une position commune a notamment pu être trouvée sur les tests de la COVID-19 et le suivi des cas, qui était une des pommes de discorde avec la Maison-Blanche.

PHOTO ERIN SCOTT, REUTERS

Mitch McConnell, le chef de file des républicains à la chambre haute

Mais le président républicain du Sénat, Mitch McConnell, aurait en privé conseillé aux républicains de ne rien conclure avec Nancy Pelosi avant l’élection présidentielle du 3 novembre, selon le New York Times.

Il s’oppose, depuis le début des négociations, au vote d’un plan de relance qu’il jugerait trop coûteux, estimant que 500 milliards de dollars sont suffisants.

Le montant total de l’enveloppe est justement le principal sujet sur lequel s’opposent le gouvernement Trump et Nancy Pelosi. L’élue démocrate demande des mesures évaluées à au moins 2200 milliards de dollars, tandis que la Maison-Blanche pousse pour 1800 milliards et souhaite également une protection des entreprises contre d’éventuelles poursuites de salariés en cas d’infections à la COVID-19.  

Vote au Sénat

Mais à deux semaines de l’élection présidentielle, ces aides sont devenues un enjeu électoral important, chaque camp craignant que l’autre s’en attribue le mérite en cas d’accord.

Près des trois quarts des électeurs-plus de la moitié chez les républicains-sont par exemple favorables à un nouveau plan de relance de plusieurs milliers de milliards de dollars, selon un sondage publié mardi par le New York Times.

Donald Trump, qui brigue un second mandat, se présente comme le champion de l’économie. Cette dernière était au meilleur de sa forme en février, mais a été paralysée par la crise sanitaire : les licenciements se multiplient et la liste de PME faisant face à des problèmes de trésorerie s’allonge.

Cette situation préoccupe les économistes, qui plaident unanimement pour un coup de pouce supplémentaire aux ménages et aux entreprises.

Si le gouvernement fédéral et les démocrates trouvaient un accord, le texte devrait être aussi validé par le Sénat.

Un plan d’aide concernant uniquement de nouvelles aides pour les petites et moyennes entreprises y a été rejeté mardi en fin de journée. Il s’agissait de prêts destinés à payer les salaires, qui ont vocation à se transformer en subventions.

Ces prêts, dits PPP, avaient été mis sur pied en mars dans le cadre du gigantesque plan de relance américain. Entre avril et août, plus de 521 milliards de dollars ont été accordés aux entreprises américaines.