(New York) Les cours du pétrole ont reculé vendredi sous le poids des doutes sur la demande et dans l’attente de la prochaine réunion des ministres de l’OPEP+, lundi, alors que le rythme de la pandémie de COVID-19 s’accélère.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a fini à 42,93 dollars à Londres, en baisse de 0,53 % ou 23 cents par rapport à la clôture de jeudi.

À New York, le baril américain de WTI pour novembre a abandonné 0,20 % ou 8 cents à 40,88 dollars.

La veille, les deux contrats de référence avaient déjà baissé mais avaient limité leurs pertes, aidés par un recul plus important que prévu des stocks de brut aux États-Unis.

Vendredi, le sentiment de morosité à propos de la demande d’or noir a repris le dessus car « la deuxième vague de la pandémie est là » a justifié Paola Rodriguez-Masiu, analyste de Rystad.

« Le monde en est à un stade où de nouveaux couvre-feux sont mis en place, ce qui limite la circulation et par voie de conséquence la consommation de carburant », a-t-elle ajouté.

C’est le cas en France où un couvre-feu nocturne sera appliqué en région parisienne et dans huit métropoles dès samedi.  

À l’échelle du continent européen, l’évolution de la pandémie est jugée « très préoccupante » par la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Ce sentiment est renforcé par le fait que les retardataires de l’OPEP “n’ont guère progressé le mois dernier pour compenser la surproduction des mois précédents », a noté Stephen Brennock, de PVM.

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés sont censés limiter leur production de pétrole brut afin d’adapter le niveau de l’offre au plus près de celui de la demande, avec plus ou moins de sérieux en fonction des pays.

Les ministres de ces vingt-trois pays se réunissent d’ailleurs lundi, comme tous les mois depuis le début de la crise de la COVID-19, pour évaluer ces données et la situation du marché.

Si les analystes écartent pour le moment une évolution de leur stratégie à court terme, ils s’interrogent sur la prochaine marche de diminution des coupes prévue au 1er janvier prochain, la jugeant pour certains précipitée au vu de la reprise au ralenti de la demande.