(Washington) Un influent membre du Congrès américain sur les questions commerciales soutient qu’il est temps pour les États-Unis de travailler avec le Canada et d’autres alliés sur une nouvelle stratégie commerciale pour la région du Pacifique.

James McCarten
La Presse Canadienne

Le représentant démocrate Earl Blumenauer, président du sous-comité du commerce au sein de l’influent Comité des voies et moyens de la Chambre des représentants, estime que le nouvel accord de libre-échange nord-américain offre un modèle pour ressusciter le Partenariat transpacifique (PTP), abandonné par l’administration de Donald Trump.

M. Blumenauer a rappelé ses démarches pour rendre le PTP plus facile à avaler pour les opposants à l’entente avant que le président Trump ne sorte les États-Unis de l’accord en 2017.

Un processus semblable a permis de rendre acceptable le nouvel Accord Canada—États-Unis—Mexique (ACEUM) aux yeux de ses détracteurs au Congrès américain. Selon M. Blumenauer, si le démocrate Joe Biden accède à la Maison-Blanche, il pourrait faire de même pour relancer le PTP.

« C’est tout à fait sensé pour les États-Unis de travailler avec ces pays afin d’être en mesure de définir les règles de la circulation dans la région du Pacifique et au-delà », a-t-il déclaré lors d’une discussion virtuelle organisée par l’Association du commerce international de Washington.

Sans la présence des États-Unis à la table du PTP, qui compte 11 États, dont le Canada, le Mexique, le Japon, l’Australie et Singapour, la Chine va continuer d’occuper le terrain et de « remplir le vide », a dit le représentant démocrate.

Le Canada a récemment mis sur la glace ses efforts pour conclure un accord commercial avec Pékin, dont les manœuvres géopolitiques musclées, notamment avec Hong Kong, ont altéré ses relations avec de nombreuses démocraties libérales. Ottawa dénonce aussi la détention de deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, ainsi que l’incarcération de masse des Ouïghours en Chine.

De nombreux intérêts communs

Selon M. Blumenauer, les alliés des États-Unis veulent travailler à nouveau avec Washington, en particulier dans le dossier de la Chine.

« Au final, il y a tellement d’intérêts communs que nous pouvons poursuivre et rassembler des gens qui partagent nos valeurs et nos intérêts, je crois que cela demeure important », a-t-il souligné.

« Si l’on est prêt à écouter les critiques, à raffiner notre approche de la même manière qu’on l’a fait avec l’ALENA 2.0, je pense qu’il s’agit d’un important point de départ. Les États-Unis doivent faire partie du jeu », a poursuivi M. Blumenauer. « Ultimement, la majorité de ces pays sont ouverts à notre participation, voire même à notre leadership. »

Jusqu’ici, Joe Biden a tenté de marcher sur la fine ligne entre le discours protectionniste anti-libre-échange qui a mené Donald Trump à la présidence et une perspective plus mondialiste à la Barack Obama, dont le PTP a marqué la présidence.

Les républicains ont tenté de coller leur adversaire à cet héritage de l’ère Obama alors que Joe Biden a promis de renégocier l’accord. Une position prise l’été dernier au moment où il subissait les attaques de l’aile progressiste du Parti démocrate pendant la course à l’investiture.

Depuis, il a promis une stratégie protectionniste « Buy American » exhaustive dans le but d’aller chercher des appuis chez les cols bleus qui blâment la mondialisation pour la chute du secteur manufacturier américain et les difficultés de la classe ouvrière.

Mercredi, Earl Blumenauer a dit s’attendre à ce que Joe Biden rétablisse les relations avec les plus importants alliés des États-Unis, s’il devient président.

Mais il estime qu’une administration Biden devrait appliquer rigoureusement les accords commerciaux existants, dont l’ACEUM, afin de rebâtir la confiance de la population envers le potentiel bénéfique du libre-échange pour tous les Américains.