(Washington) Les Américains vont devoir patienter encore avant de toucher de nouvelles aides du gouvernement face à la crise de la COVID-19, car malgré l’optimisme de la Maison-Blanche sur l’adoption d’un nouveau plan, les divergences restent fortes entre républicains et démocrates.

Julie CHABANAS Agence France-Presse

De retour mardi de leurs congés estivaux, les républicains ont présenté un nouveau texte, « ciblé sur les sujets urgents que sont la santé, l’éducation et l’économie », a annoncé le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell, cité dans un communiqué.

« Les nombreuses différences entre nos deux partis ne devraient pas nous empêcher de nous entendre sur certains points et d’adopter des lois qui aident notre pays », a-t-il commenté.

Son objectif est que le texte soit adopté au Sénat cette semaine.

Mais les déclarations appelant au rassemblement ne durent jamais très longtemps, d’un côté comme de l’autre, surtout à moins de deux mois d’une élection présidentielle.

Et Mitch McConnell déplore l’attitude des responsables démocrates du Congrès, qui n’ont, selon lui, qu’une « seule motivation : ils ne veulent pas que les familles américaines voient de nouvelles aides bipartites » avant l’élection présidentielle, de peur que cela favorise la réélection de Donald Trump.

« Des mois d’inaction »

Les démocrates, de leur côté, ont dénoncé un « texte amaigri », selon un communiqué des responsables démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et au Sénat, Chuck Schumer.

Cette nouvelle proposition n’a pour eux qu’un « seul but (qui est) d’aider les vénérables sénateurs républicains à […] maintenir l’apparence qu’ils ne sont pas pris en otage par leur droite qui refuse de dépenser un sou pour aider les gens ».

Ils estiment aussi qu’« après des mois d’inaction, les républicains réalisent finalement les dommages faits par leur pause sur l’économie américaine et la santé de notre nation ».

La Maison-Blanche et les républicains avaient préconisé une « pause » en mai, pour évaluer l’impact du plan de relance historique de 2200 milliards de dollars adopté fin mars, et de celui de 500 milliards de dollars, fin avril.

Les démocrates, de leur côté, avaient adopté une proposition de 3000 milliards de dollars, qui n’a toutefois jamais vu le jour puisque les républicains s’y sont opposés.

« Alors qu’ils tentent de rattraper cette erreur historique, les républicains du Sénat sont arc-boutés sur un autre texte qui n’apparaît pas être en mesure de résoudre le problème », ont-ils dit mardi dans un communiqué commun.

« Mettre la politique de côté »

Le chef de cabinet de la Maison-Blanche s’est pourtant montré optimiste sur l’adoption d’un nouveau plan d’aide avant l’élection présidentielle, le 3 novembre.

« Je suis peut-être plus optimiste aujourd’hui que je ne l’ai été depuis longtemps », a déclaré Mark Meadows sur Fox Business mardi matin.  

Il a en outre estimé qu’il y avait avec les démocrates plus de sujets de consensus que de désaccord, exhortant à « mettre la politique de côté » pour voter et faire ratifier le nouveau plan.

Un nouveau plan d’aide est jugé crucial par les économistes pour permettre à l’activité du pays de se relancer, et au chômage de reculer.

Mais l’administration de Donald Trump et les élus démocrates du Congrès discutent depuis plus d’un mois, en vain. Et les deux partis se rejettent mutuellement la faute.

Au cœur des divergences, le montant à accorder à ces aides : les démocrates veulent au minimum 2200 milliards de dollars quand l’administration Trump ne veut pas débourser plus de 1000 milliards.

Face à l’échec des négociations, Donald Trump avait même, début août, signé quatre décrets.

Cela visait entre autres à prolonger la suspension des expulsions ou à permettre aux personnes sans revenus de continuer à recevoir une aide supplémentaire, d’un montant toutefois moindre.