Parmi les montants pharaoniques présentés mercredi, certaines dépenses pouvaient passer inaperçues. Tout de même, le budget consacré à l’accueil des réfugiés va plus que doubler… passant de 1,2 à 2,8 milliards sur cinq ans.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Le fédéral prévoyait dépenser 1,2 milliard en mars 2019 pour pouvoir traiter 50 000 demandes d’asile par an pendant cinq ans. Cette somme s’avère aujourd’hui insuffisante, il en rajoute 780 millions. Il faut aussi couvrir leurs soins de santé, une nouvelle facture de 833 millions.

Les 833 millions pour la santé visent à offrir « une couverture limitée et temporaire de soins de santé aux réfugiés et aux demandeurs d’asile qui ne sont pas encore admissibles à l’assurance maladie provinciale ou territoriale », lit-on dans le document publié mercredi par Ottawa.

Quant aux 780 millions, ils ont pour but d’assurer le maintien du traitement de 50 000 demandes d’asile par année jusqu’à la fin de l’année financière 2022-2023 et pour faciliter le renvoi des demandeurs d’asile rejetés dans des délais raisonnables.

Budget de mars 2019

Le budget de 2019 proposait déjà d’investir 1,18 milliard de dollars en cinq ans, à compter de 2019-2020, et 55 millions par année par la suite pour mieux protéger les frontières du Canada et pour traiter 50 000 demandes d’asile reçues chaque année et faciliter le renvoi des auteurs d’une demande rejetée.

Ce même budget prévoyait la création de trois nouveaux postes de juge à cette fin.

En outre, le gouvernement a alloué, en août 2019, 27 millions pour financer les services d’aide juridique aux immigrants et réfugiés fournis par les provinces pour aider à réduire les retards dans les demandes d’asile.

Parmi les demandeurs d’asile, il y a ceux qui entrent aux postes-frontière et il y a ceux qui entrent illégalement, notamment par le chemin Roxham qui débouche au Québec.

« Au cours des dernières années, le nombre élevé de demandeurs d’asile, dont ceux qui sont entrés au Canada de façon irrégulière, ont mis à rude épreuve l’équité et l’efficacité du système canadien d’octroi de l’asile », lisait-on dans le document budgétaire de mars 2019.

De février 2017 à mars 2020, près de 60 000 personnes sont entrées de façon irrégulière au pays. Celles-ci, en forte majorité, empruntent le chemin Roxham. Le Canada l’a fermé à la fin de mars en raison de la pandémie.