La réouverture des bars, casinos et salons de jeux devrait permettre à Loto-Québec, et donc au gouvernement du Québec, de pousser un grand soupir de soulagement.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Les quatre casinos du Québec, les salons de jeux de Trois-Rivières et Québec, les salles de bingo ou de Kinzo et les loteries vidéo ont rapporté des revenus de 447,5 millions à Loto-Québec entre le 1er avril et le 25 juin 2019. À moins d’une surprise, ces revenus devraient avoir complètement disparu pour la même période en 2020, puisque tous ces établissements et les bars abritant les appareils de loterie vidéo étaient fermés.

Compte tenu des coûts des ventes et des charges d’exploitation, ces sources de revenus avaient dégagé un bénéfice d’exploitation de 341,9 millions, ou 3,98 millions par jour.

Les quatre casinos et deux salons de jeux de Loto-Québec avaient été fermés à minuit, le soir du 12 mars dernier. Les salles de bingo et de Kinzo avaient été fermées le 14 mars. Les bars abritant les appareils de loterie vidéo avaient quant à eux été fermés le 23 mars.

En tenant compte de ces dates et du rythme quotidien engrangé par Loto-Québec pour la même période en 2019, les revenus perdus par Loto-Québec depuis le début de la pandémie peuvent être estimés à 520 millions, selon un calcul de La Presse.

Le compteur continuera par ailleurs de tourner pendant encore un moment. Si les appareils de loterie vidéo tinteront vraisemblablement à brève échéance, il faudra patienter « quelques semaines » avant la réouverture des casinos, a prévu jeudi le porte-parole de Loto-Québec, Patrice Lavoie. La réouverture sera ensuite « progressive ».

La société d’État n’a mis aucun de ses employés à pied jusqu’à présent.

Loterie au ralenti

À ces pertes s’ajoutent celles liées aux billets de loterie. Les ventes en magasin ont été suspendues pendant six semaines au début du confinement. Les ventes en ligne ont pu se poursuivre, mais elles ne représentaient que 3 % des revenus de loteries de Loto-Québec l’an dernier.

La popularité des ventes en ligne aura toutefois manifestement grimpé pendant la pandémie. La société d’État a dû multiplier par cinq le nombre d’employés au service à la clientèle pour répondre à la forte demande pour les inscriptions et l’assistance technique, a indiqué jeudi M. Lavoie.

Depuis la reprise des ventes de billets de loterie en magasin, le rythme est « légèrement en dessous de la normale », a aussi affirmé M. Lavoie. Ce serait aussi le cas partout au Canada, là où la vente de billets de loterie en magasin n’a jamais été suspendue.

Loto-Québec verse la presque totalité de son bénéfice net sous forme de dividende au gouvernement du Québec. Pour son exercice annuel terminé en 2019, cette somme était de 1,38 milliard de dollars.

Elle devrait faire connaître ses résultats financiers du quatrième trimestre de l’année 2019-2020, terminée le 31 mars, au cours des prochains jours. Cette publication accuse déjà une dizaine de jours de retard par rapport au moment où elle est survenue les années précédentes.